“Il est 2 h 30 du matin. Un chauffeur de poids lourd stationné en bordure de la forêt de Fontainebleau vient d’alerter la gendarmerie qu’il a entendu un coup de feu et vu la lueur d’un projecteur dans la forêt”, annonce l'adjudant-chef Christian Seigneurin, formateur au Centre national de formation de police judiciaire de l’école de gendarmerie de Fontainebleau (77). C’est le thème de l’exercice que devront affronter les gendarmes en stage de formateur relais environnement écologie (Free). Ce stage vise à former de véritables enquêteurs, notamment dans les domaines de la pollution (eau, air, sol) et de la protection des espèces pour faire face à la multiplication des crimes contre l’environnement.
"Geler les lieux"
Sur place, les agents trouvent une voiture abandonnée : tout porte à croire qu’on a affaire à des braconniers... Cet après-midi, c’est l’adjudant Serres, 48 ans, qui est chargé de l’opération avec ses 11 coéquipiers. “Ça c’est des moyens !” s’exclament-ils, habitués à travailler à deux dans leurs brigades. L’adjudant Serres dépêche une équipe judiciaire pour “geler les lieux” — comme sur la scène d’un meurtre, on prend des photos pour ensuite reconstituer le crime.
Une tête retrouvée
Le gendarme Breban, 25 ans, note soigneusement dans son calepin les indices relevés : deux carabines utilisées, des munitions, un projecteur, des pièges divers… “Il y a une partie d’animal mort !” crie-t-on du côté de l’équipe chargée du ratissage. Toute l’équipe s’y précipite : une tête de chevreuil — empaillée, évidemment — gît dans l’herbe. Pour le sang, il faut faire appel à son imagination.
Le délit se confirme
Les éléments constituant le délit de braconnage sont réunis : le moyen prohibé (le phare et le silencieux), le temps (la chasse est interdite la nuit) et l’animal (pour qu’il y ait délit, il faut avoir retrouvé l’animal ou des traces de sang). Entre-temps, l’identification de la voiture a été faite… Il ne reste qu’à dépêcher une équipe au domicile du suspect.
Mission réussie
La mission s’est donc terminée avec succès et les stagiaires sont prêts a relayer dans leurs brigades les procédures mises en place l’après-midi et les cours dispensés le matin par le chef de service départemental de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage), Dominique Millet. Pas sûr que le gendarme Cadrot, 30 ans, aura affaire à des chevreuils à son retour en Martinique : « chez nous le braconnage c’est surtout pour les œufs de tortue géante ».












































