Ne réveillez pas un flic qui dort. Le titre de ce film des années 1980 peut s’appliquer à la Cayolle, quartier du IXe arrondissement de Marseille.
Exemple : vendredi soir dernier, 20 h 50. Une mère de famille arrête sa voiture devant le portail de sa résidence. Au bout de la rue, deux adolescents en survêtement et casquette vissée sur le crâne arrivent en scooter. L’un d’eux se rue sur la portière, l’ouvre et tente d’arracher le sac. La conductrice, paniquée crie, tente de s’agripper. A l’arrière, sa petite fille, épouvantée, pousse aussi des hurlements. Les voyous, sac en main, prennent le large. Immédiatement, un voisin, témoin de la scène, appelle le commissariat. Au bout de deux minutes, un planton lui explique que la victime n’a qu’à venir porter plainte. Des scènes semblables se déroulent tous les jours, à toute heure, dans ce quartier où une poignée de petites frappes violentes font la loi en s’attaquant aux plus faibles.
Commissariat en ruine
Le 17 mai dernier s’est réunie l’assemblée générale du comité d’intérêt de qartier (CIQ). Les habitants y ont multiplié les témoignages de rodéos, de voitures brûlées, de cambriolages, de dégradations, d’insultes, d’agressions, etc. Face à eux, ils n’ont pas eu le maire de secteur, Guy Teissier, mais son adjoint, mal à l’aise face à la vindicte des administrés.
Il faut dire que le compte rendu du CIQ était assez éloquent : “Notre CIQ a souvent attiré l’attention des élus et des services de police sur l’insécurité grandissante que vit quotidiennement la population. Cette délinquance évolue vers des formes de plus en plus violentes.” On y apprend aussi que les services publics sont réduits à la portion congrue. La Poste ne livre pas les colis pour cause d’insécurité. Le bus 23 ne fonctionne pas le soir pour les mêmes raisons.
Le commissaire en charge de la police dans le secteur estime, de son côté, que son bilan s’améliore, ce que n’ont pas constaté les habitants. A la Cayolle, il y a bien longtemps que le commissariat n’est plus qu’une ruine. Après les nombreuses attaques dont il a été victime, plus question de le réimplanter sur place. Les habitants, eux, sont restés. Les voyous aussi.





































