L’avenir de l’aviation serait-il dans les océans ? C’est l’une des pistes explorées par Airbus qui souhaiterait employer des algues pour faire voler ses engins. Le directeur développement durable de l’avionneur l’a déclaré hier lors d'une conférence sur l'aviation et l'environnement à Tokyo. « Il est hors de question que nous utilisions des biocarburants élaborés à partir de végétaux nécessaires pour nourrir l'humanité », a-t-il ajouté.

Pas d'application concrète avant 10 ans

Le groupe mise alors sur les microalgues. Plus compliquées à récolter par rapport à des algues plus grandes, les microalgues produisent beaucoup plus d’huile et poussent plus vite : « Leur biomasse double chaque jour, ce qui fait qu’elles ont une productivité de 30 fois supérieure aux espèces oléagineuses terrestres comme le colza », explique le professeur Antoine Sciandra du programme de recherche français Shamash, qui a pour objectif de produire un biocarburant à partir de microalgues. Le problème est que cette technologie « n’aura pas d’application concrète avant 10 ans », affirme ce scientifique du CNRS.

Trouver l'espèce la plus appropriée

Il reste en effet des problèmes technologiques et scientifiques à résoudre, notamment trouver l’espèce d’algues la plus appropriée et travailler sur les techniques d’extraction de l’huile. Airbus a déjà demandé des échantillons d’huile aux chercheurs de Shamash pour étudier leur compatibilité avec les moteurs d’avions. Selon le responsable développement durable d’Airbus, il faut que ces biocarburants « aient à tout le moins les mêmes propriétés indispensables (stabilité, comportement face aux variations de température, etc.) que le kérosène ».