“Il y a une vraie prise de conscience chez les employeurs. Les initiatives se multiplient.” Abdel Belmokadem, directeur du cabinet Nes & Cité à Lyon
Après Garnier et Adecco l’année dernière, c’est au tour de Renault d’être condamné pour discrimination raciale. En avril, le constructeur automobile a été accusé par deux ex-salariés d’avoir bloqué leur évolution de carrière sous prétexte de leur origine. L’entreprise, reconnue coupable, devra verser plus de 150 000 euros aux plaignants.
Une évolution toujours trop lente
Depuis la loi sur l’égalité des chances de mars 2006 et la mise en place en 2007 d’un pôle antidiscrimination dans chaque parquet de France, les entreprises n’ont qu’à bien se tenir. “Au-delà de la peur du gendarme, il y a une vraie prise de conscience chez les employeurs. Les initiatives se multiplient. On voit par exemple apparaître des responsables diversité dans les services ressources humaines. C’est totalement nouveau”, explique Abdel Belmokadem, directeur du cabinet Nes & Cité à Lyon.
De nombreuses entreprises ont déjà franchi le pas avec des actions concrètes. Plus de 1 750 ont d’ailleurs signé la charte diversité lancée en 2004 par le gouvernement. L’Oréal, Orange et la SNCF organisent ainsi des forums emploi dans les quartiers sensibles pour recruter des candidats de tous horizons. Le groupe Accor dispense des journées de formation “antidiscrimination” aux managers chargés du recrutement et s’engage à fournir des chiffres concernant l’emploi des minorités visibles ou des personnes issues des quartiers sensibles. Pour ses embauches, AXA utilise depuis 2005 le CV anonyme (pas de nom, ni de prénom, ni d’adresse ni de mail). Aujourd’hui, ce canal de recrutement génère 19% des embauches sur les postes de commerciaux.
Le 5 mai dernier, dans le cadre du plan Espoir Banlieue lancé par le gouvernement, le groupe Carrefour a promis de recruter 1 000 jeunes issus des zones urbaines sensibles. Trente-neuf autres grandes entreprises (AXA, Accenture…) se sont également engagées dans ce plan. Au total, 10 700 postes devraient être réservés aux jeunes issus des quartiers et des minorités.





















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