Mis à jour 06-06-2008 18:33
La sélection livres de la semaine
Retrouvez chaque vendredi la sélection livres de la rédaction.

Comme une mère
Photo : Ed. L'olivier
Karine Reysset
Comme une mère
Ed de L’olivier
179p ;18€
« Elles sont venues seules et se retrouvent côté à côte dans la salle des naissances. Pour l’une comme pour l’autre, ce jour doit inaugurer un nouveau départ. La très jeune Émilie accouche sous X et espère pouvoir « tout recommencer à zéro ». Judith, elle, attend avec une impatience teintée d’inquiétude la naissance de son fils, Camille, un miracle après tant d’années de grossesses déçues. Mais, pour l’une comme pour l’autre, rien ne se passe comme prévu. » Promesse tenue. Ne vous fiez pas à cette intuition de déjà-lu. Karine Reysset ne donne pas dans la littérature kleenex, facile, prévisible, inaudible. « Je ne pose aucune question, ce n’est pas la peine, je sais »/ « C’est fini, je l’ai amenée à bon port et elle est en bonne santé ». Un roman à deux voix, sensible et fluide, surprenant et dérangeant. Ici, tout bascule et ces voix n’en finissent pas d’interroger l’indéfinissable « instinct de maternité ».

Mise en bouche
Photo : Folio
Philippe Dijan
Mise en Bouche
Adapté en bande dessinée par Jean Philippe Peyraud
Texte seul paru aux éditions Folio (4, 20€), Bande dessinée, aux éditions Futuropolis (19€).
« Un forcené prend un otage une classe entière d’une école maternelle et menace de tout faire sauter si… » Là encore, les apparences sont trompeuses. On croit connaître l’histoire… Une école maternelle, une « human bomb », un « heureux » dénouement… Et le héros qui va avec, bien sûr. Et pourtant, nulle trace d’un certain N. S. Autant dire une grâce dans le contexte éditorial actuel qui pullule de déclinaison de N. S version Martine à la plage, Martine et ses copines etc. Le livre de Philippe Dijan – illustré par Jean-Phillipe Peyraud dans sa version BD aurait pu paraître avec la mention « tous faits réels etc., etc », tant il s’affranchit de « l’épopée » originelle. Si les deux protagonistes – un père célibataire et sa voisine – croisent bien le même destin, le scénario, lui, les conduit dans un huis-clos où se mêlent passion, jalousie…Eros et Thanatos.

Les tribulations d'une caissière
Photo : Stock
Anna Sam
Les tribulations d’une caissière
Ed. Stock
190p ; 15,50€
« Tu vois si tu ne travailles pas bien à l’école, tu finiras caissière, comme la dame. » Elle s’appelle Anna, elle a 28 ans, une licence de lettres modernes et huit d’expérience comme « hôtesse » de caisse. Les misérables ? Non. Roman naturaliste ? Non plus. Juste, la chronique – juste – d’une jeune femme dont l’horizon s’est limité, pendant des années, à des rangées de caisses. Comme tant d’autres sans doute. Sauf qu’elle, Anna Sam, a d’abord pris le clavier pour transcender un peu le quotidien d’une profession qui ne suscite guère plus qu’une indifférence polie. Un blog plus tard, Anna Sam est devenue le porte-parole des « femmes-machines ». Franchise, pertinence, humour… le livre encaisse facilement ses traits.











