Trente-trois ans après, les prostituées lyonnaises sont retournées hier à l’église Saint-Nizier, point de départ d’une manifestation peu banale.
Aux cris de “Prostituée, c’est un métier, laissez-nous travailler” ou “Ni victimes ni délinquantes”, cent trente “filles” ont défilé jusqu’à l’hôtel de ville, pour demander l’abrogation de la loi sur le racolage passif et la fin des arrêtés anti-stationnement visant les camionnettes. C’est le dernier, entré en vigueur il y a quinze jours à Gerland, qui a mis le feu aux poudres. Déjà déplacées de Perrache, les prostituées s’étaient rabattues sur ce quartier.
Agressions en hausse
“Je prends jusqu’à quatre PV par jour. J’ai essayé d’aller à Saint-Fons mais on a été éjectées immédiatement”, explique Cindy, 34 ans. “Les filles sont coincées, elles ne peuvent plus travailler. A l’extérieur de Lyon, on n’a pas le droit de stationner non plus, et l’éloignement est un risque pour la sécurité”, poursuit Karen, 40 ans.
“Les prostituées exercent dans des conditions de plus en plus précaires et dangereuses. Depuis l’application de la loi sur le racolage passif, les agressions sont en hausse”, constate Florence Garcia, directrice de Cabiria, une association d’entraide qui recense 500 prostituées à Lyon.
“Sans nous, il y aurait beaucoup plus de viols. Il faut que le maire nous laisse travailler dignement. On est prêtes à discuter d’endroits qui ne poseront pas de problèmes”, ajoute une prostituée qui exerce cette activité depuis huit mois à la suite d’un divorce et de problèmes financiers.
Mais du côté de la mairie de Lyon, on rappelle qu’il est impossible d’attribuer un lieu ou un terrain aux prostituées : au regard de la loi, cela s’apparenterait à du proxénétisme.




































