Termites, amiante, plomb, gaz, énergie… Depuis 1996, le propriétaire d’un logement doit faire réaliser plusieurs diagnostics par des professionnels avant de vendre ou de louer. Une façon de protéger l’acquéreur... A condition que ces diagnostics soient fiables. Selon l’UFC-Que choisir, c’est loin d’être le cas : des prix qui varient du simple au double, des évaluations mal menées, l’association de consommateurs épingle bon nombre de dérives. Celles-ci sont d’autant plus préoccupantes que les diagnostics seront bientôt obligatoires pour l’ensemble du parc immobilier français…

Des tarifs abusifs

Que choisir a enquêté en faisant diagnostiquer plusieurs pavillons à La Rochelle, Besançon et Clermont-Ferrand. Résultat, pour une même maison, les écarts de tarifs sont considérables. A La Rochelle, la facture varie de 395 euros à 560 euros, à Besançon, de 271 à 410 euros. Un conseil : renseignez-vous avant de prendre rendez-vous.

Des diagnostics peu fiables
Selon Que choisir, les dia-gnostics comportent des erreurs… Et de sérieux oublis. Des plaques d’amian­te n’ont pas été repérées. Pas plus que des zones infestées de termites ou des anomalies dans les installations de gaz. Quant au bilan énergétique, “c’est un comble”, souligne l’UFC, “aucune des maisons n’a obtenu une estimation homogène de sa consommation énergétique”. A La Rochelle par exemple, le coût énergétique d’une même maison a été estimé entre 738 et 1 280 euros par an… Pour l’acheteur, cela ne revient pas tout à fait au même.

Des diagnostiqueurs pas franchement objectifs
La loi est claire, le diagnostiqueur “ne doit avoir aucun lien de nature à porter atteinte à son impartialité”. La réalité n’y est pas : Que choisir a pu constater des connivences flagrantes. Nombreux sont les diagnostiqueurs qui paient des commissions aux agents immobiliers pour que ceux-ci leur adressent, en retour, des clients. L’UFC souligne également que certaines sociétés de diagnostics sont aussi celles qui ont à charge la certification des professionnels… Pour améliorer la situation, l’UFC propose une série de réformes qui vise à renforcer l’encadrement de la profession.