C’est sans aucune autorisation de la Régie autonome des transports parisiens que Jam Abelanet, 31 ans, a réalisé dans le métro une cinquantaine de clichés de femmes nues. L’ouvrage, intitulé Fantaisies souterraines, à pa­raître cette semaine, dérange la RATP.

L’objectif n’était pas de faire de l’exhibitionnisme mais d’explorer différemment le métro. Jam Abelanet, photographe

“Le métro est un endroit que tout le monde connaît par cœur, explique l’auteur, mais il est toujours représenté de la même manière. Aller chercher des accès méconnus, esthétiques et immortaliser des corps de femmes dans leur plus simple appareil était intéressant.”

Vingt-cinq euros d’amendes
Sur la cinquantaine de clichés présentés, seule une série a été réalisée pendant les horaires de fermeture du métro. Le reste s’est fait aux heures d’ouverture, au vu et au sue des passagers. “J’ai pris ces photos très tôt le matin ou très tard le soir, jamais aux heures de pointe, explique Jam Abelanet. Les filles se changeaient dans le métro, et puis, on commençait la séance.”

La réalisation des clichés comme le repérage des endroits souterrains ont eu lieu entre septembre 2007 et février 2008. Seuls quel­ques clichés sont des photomontages, la majorité a été prise in situ. “On ne s’est fait prendre qu’une fois par les services de sécurité de la RATP, à la station Cité. Nous avons été conduits au poste et avons écopé d’une amende de 25 euros pour franchissement de barrière de sécurité, mais c’est tout”, poursuit Jam Abelanet.

Jugés dangereux
Le photographe, qui a d’abord publié ses clichés sur son site Internet (www.jam-abelanet.com), a contacté le service juridique de la RATP pour le questionner sur les risques en vue d’une potentielle pu­blication. “Je ne leur avais pas demandé d’autorisation sinon je n’aurais jamais pu faire ces photos. La question était de savoir ce que je risquais si elles étaient publiées.”

La RATP a de­mandé à l’artiste de retirer certaines photos (notamment celles prises sur les voies), jugées dangereuses car pouvant inciter certains voyageurs à les re­produire. Contactée hier par téléphone, la Régie a confirmé qu’elle n’avait donné aucune autorisation et qu’elle allait diligenter une enquête pour savoir comment l’artiste a pu réaliser un tel travail dans les souterrains les plus surveillés de France.