Le gâteau va devoir être grand. Quarante bougies vont y être plantées, pour fêter l’anniversaire de la Quinzaine des réalisateurs. Emanation directe de mai 68, cette section parallèle du Festival de Cannes a été conçue par la Société des réalisateurs de films, en réaction à l’establishment mondain et timoré du cinéma cannois. Ce contre-festival inauguré en 1969 entend bousculer les vieux codes, agrandir les regards, changer d’air. « Soutenir un cinéma audacieux, original, surprenant et s’ouvrir aux influences des quatre coins du monde », voilà le credo des sélectionneurs de la Quinzaine, que nous rappelle son délégué général depuis 2004, Olivier Père.

« Tête chercheuse de jeunes cinéastes talentueux », la Quinzaine a lancé la carrière de prestigieux cinéastes : Ken Loach, Youssef Chahine, Martin Scorcese, Jim Jarmush ( à qui sera remis samedi le Carrosse d’or, hommage rendu par les réalisateurs à l’un de leurs pairs), les frères Dardenne, Sofia Coppola… Preuve que l’absence de compétition et l’ouverture au public n’entrainent pas une baisse de la qualité.

Cette année, « la sélection fait de nombreux allers-retours entre modernité et choses plus classiques. Quinze des 22 cinéastes sélectionnés sont jeunes, et c’est leur premier Cannes. On trouve aussi des auteurs emblématiques du cinéma contemporain comme Bertrand Bonello et Bakur Bakuradze. Le film d’ouverture est signé du polonais Jerzy Skolimowski, qui a 70 ans », expose Olivier Père. On suivra aussi deux pépites belges : Eldorado de Bouli Lanners et Elève libre de Joachim Lafosse, et les premiers pas de Louis Garrel derrière la caméra, avec son court métrage Mes copains. Un éclectisme prometteur.