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15-05-2008 19:49 Adrien Cadorel, à Charleville-Mézières
"J’étais un braconnier"
En décrivant ses meurtres, Michel Fourniret réitère ces accusations contre Monique Olivier
Les détails les plus sordides ont été égrenés un à un. Face à une cour d’assises impatiente et anxieuse, Michel Fourniret à minutieusement décrit hier matin, les scénarios de quatre des sept meurtres pour lesquels il est jugé depuis près de deux mois. Plus que jamais décidé à faire vivre les débats comme il l’entend, l’accusé qui s’est présenté comme un « technicien » du crime a renforcé ces accusations à l’encontre de Monique Olivier, une femme « transparente » et « menteuse ».
Chantage et descriptions
Fourniret ne change pas. Debout dans le box, l’homme pose un regard froid et détaché sur l’assistance. Mais l’homme tient parole, il s’explique sur son parcours meurtrier et ses victimes. Sur son premier meurtre, celui d’Isabelle Laville, il explique « J’étais comme un braconnier qui s’en va sans savoir s’il va ramener un faisan,un garenne ou rien du tout ». Devant la stupeur des magistrats sur l’énoncé d’une telle comparaison, Fourniret, sur de son effet, joue la carte du chantage : « Soit je parle, soit je rentre dans ma coquille ».
A propos du meurtre de Fabienne Leroy, tuée en mai 1988 d’un coup de fusil après avoir été violé, l’accusé reconnaît l’avoir abordé de lui-même. « Pourquoi ce besoin de la tuer ? » s’interroge un avocat. Rehaussant ses lunettes, Fourniret lâche « Par nécessité de préserver l’anonymat »
Accusations répétées
Ces explications attendues ne soulagent pas l’assistance, condamné à subir le numéro d’acteur et les concours d’éloquence de l’accusé. « Tout le monde sait que c’est un pervers, il parle de ce qui lui plaît, la description de ces meurtres, et il en rajoute. C’est difficile à revivre » confie Jean-Pierre Leroy, père de Fabienne. Conscient d’être condamné à la plus lourde peine, Fourniret multiplie les dénonciations vers son épouse. Elle, cette « femme transparente » « c’est l’homme de troupe qui n’a pas besoin de connaître la stratégie de l’état-major » dont il est le chef. « Mais c’est elle qui à donner les médicaments ingérés par Isabelle Laville » poursuit-il, rabaissant une nouvelle fois sa complice, de peur qu’elle lui vole la vedette.
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