J’ai laissé la petite île de Flat Holm derrière moi pour poursuivre mon périple un peu plus au Nord du Pays de Galles. La seconde étape de mon voyage éco-volontaire est New Quay, une charmante petite bourgade posée à flanc de colline et faisant face à la Baie de Cardigan. L’endroit, qui est particulièrement réputé pour la richesse de ses eaux en poisson, attire une importante population de dauphins, marsouins et autres phoques gris. Entre avril et novembre, ces mammifères sont étudiés par le Cardigan Bay Marine Wildlife Centre qui, pour mener à bien tout le processus de collecte d’informations de terrain les concernant, fait appel à des volontaires, comme moi.

Tous les matins je me rends au bureau où je prends connaissance du programme de ma journée. Parmi les tâches à réaliser quotidiennement, il y a l’observation depuis la jetée. J’ai pour mission pendant deux heures de scruter l’horizon à la recherche du moindre aileron fendant la surface de la mer. C’est une activité nécessitant de la concentration pour ne pas risquer de manquer une sortie de dauphin. Ces derniers n’hésitent pas ici à venir nager à quelques dizaines de mètres des côtes, ce qui rend la surveillance encore plus excitante. A chacune de leurs émersions je dois mettre de côté l’émotion suscitée par le spectacle et me consacrer pleinement à déterminer l’espèce observée puis noter précisément la position et le comportement de l’animal. Une fois ce travail terminé, je retourne au centre pour implémenter les informations recueillies dans la base de donnée qui, à la fin de la saison, sera compilée et analysée par les scientifiques en charge du projet.

Je m’occupe aussi avec les autres volontaires de l’animation du tout nouveau centre d’interprétation : j’assure l’accueil des visiteurs, réponds à leurs questions et leur propose de prendre part à l’une de nos sorties en mer. Au cours de celles-ci nous procédons au recensement et à l’identification des mammifères marins croisant dans la baie. Comme nous sommes plus à même en bateau d’être à proximité directe des animaux, le coordinateur - qui est aussi notre skipper - peut quand l’occasion se présente procéder à une identification photographique ; en prenant des clichés de la nageoire dorsale des dauphins par exemple, nous arrivons à distinguer les différents membres d’un groupe et pouvons en dresser leur carte d’identité. C’est comme cela qu’est suivie d’années en années le retour de chaque individu et que l’évolution des populations dans le bassin peut être mesurée.

Les jours se suivent et sont très souvent source de nouvelles rencontres animales. Je me sens fier de faire avancer activement la connaissance sur ces majestueux mammifères aquatiques et de contribuer à mon modeste niveau à leur préservation.