Des insecticides, des herbicides, des fongicides… il y a des fortes chances qu’il y en ait des traces chez vous. Selon une étude de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) publiée ce mercredi, qui évalue l’exposition des enfants franciliens à certains pesticides présents dans l’environnement intérieur, 94% des foyers étudiés en recèlent.
Mais d’où viennent ces substances ? « Des produits que nous appliquons aux plantes et aux animaux domestiques, comme du shampooing anti-poux, ainsi que des traitements du bois de charpente et des peintures, par exemple », explique Corinne Mandin, ingénieur chargée d’études de l’air intérieur à l’Ineris. Et même les substances que l’on utilise dans son jardin se retrouvent dans la maison, portées par les animaux domestiques et nous-mêmes.
Sur les 130 enfants participant à l’étude, 70% ont excrété des dérivés de pesticides organophosphorés. Si le lien entre l’exposition aux pesticides présents dans les environnements intérieurs et l’impact sur la santé n’a pas encore été précisément établi, la toxicité de ces produits est avérée. « Nous avons besoin de plus de travaux de recherche pour déduire des liens entre substances chimiques et pathologies, confirme Corinne Mandin. Les études sur la pollution de l’air intérieur n’ont vraiment commencé qu’en 2000 en France alors que les pays anglo-saxons y travaillent depuis les années 1970. »
Quand on sait qu’un Français passe en moyenne 22 heures sur 24 en espace semi-clos ou clos, on apprécie l’importance d’étudier la qualité de l’air intérieur. D’autant plus que les études montrent qu’elle est souvent plus polluée qu’à l’extérieur. Le Grenelle de l’environnement a ouvert la voie à la recherche dans ce domaine. Le projet de loi Grenelle 1 indique par ailleurs que l’étiquetage des produits de construction et de décoration va devenir obligatoire et les substances cancérigènes et reprotoxiques interdites. A suivre.
Des pesticides dans nos maisons
Une étude fait état de la présence de traces de pesticides dans nos maisons et dans l’urine des enfants.

L'étude se base sur 450 prélèvements : 130 dans l'air, 129 de résidus cutanés, 126 d'urine, 65 de poussières de sols.
Moins polluer chez soi
Il est difficile voire impossible d’éliminer toute trace de produit chimique de notre intérieur. Certains produits peuvent être difficiles à remplacer et d’autres être présents dans les traitements appliqués aux matériaux de construction, comme les fongicides sur le bois pour le préserver plus longtemps. Pour limiter notre exposition, il est néanmoins possible de prendre quelques précautions de base :
• Eviter d’utiliser trop de produits chimiques et les replacer par des équivalents naturels quand c’est possible.
• Respecter les instructions, les précautions et les doses indiqués sur les étiquettes des produits.
• Veiller à toujours bien ventiler son appartement ou sa maison.
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