Il semble que vos cookies ne sont pas activés sur votre navigateur. Pour que nous puissions vous montrer les informations liées à votre ville, vous devez choisir une des villes suivantes:
Mis à jour 06-05-2008 21:53 Alexandra Bogaert
Le bidonville mobile des Roms
La vie des Roms roumains du Val-d’Oise est rythmée par les expulsions et les tentatives pour trouver un emploi...
Photo : Nicolas Richoffer / Metro
Enfant rom
Opération déménagement chez les Roms roumains de Méry-sur-Oise, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Jusqu’à mercredi dernier, une centaine de tsiganes vivaient, dans des conditions déplorables, dans un campement de caravanes. Tapie dans la forêt, l’aire sablonneuse qu’ils occupaient depuis environ un an était située sur la butte de Montarsy, propriété de la ville de Paris. Mais le 23 avril, quelque soixante policiers et gendarmes avaient investi les lieux munis d’avis d’expulsion : expulsion pour tous du terrain occupé illégalement et expulsion du territoire français avec reconduite à la frontière pour une trentaine de Roms roumains qui, bien que membres de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007, ne justifient pas de ressources suffisantes pour demeurer dans l’Hexagone.
Des recours administratifs ont été formulés contre les expulsions du territoire, grâce à la mobilisation d’associations venant en aide à cette population. Un court répit pour les Roms visés.
Ils l’ont mis à profit pour changer d’aire, sans attendre que soit écoulé le délai de quinze jours pour évacuer le terrain. A la faveur d’une éclaircie –les pluies avaient rendu les chemins difficilement praticables- ils ont donc acheminé la cinquantaine de maisons mobiles quelques centaines de mètres plus loin, mercredi. Un saut de puce qui devrait leur permettre de souffler quelques mois, avant une probable nouvelle expulsion.
Conditions d’hygiène déplorables
Le cadre change : les Roms ont troqué un vaste espace boueux en forêt contre une friche plane et dégagée. « Mais les conditions de vie restent identiques », explique Jean-Pierre Dacheux, membre du collectif d’aide aux familles Roms roumaines du Val d’Oise et des Yvelines, qui nous avait conduits mardi dernier (la veille de leur déménagement), jusqu’à eux.
Mardi, midi. De la fumée sort d’une caravane aux pneus crevés. C’est l’heure du repas, les femmes s’affairent. L’une, jupon et foulard colorés, pétrit son pain en plein air. Une autre lisse sa longue chevelure noir ébène, sur le pas de sa porte. Des jeunes hommes, en cercle, font passer le temps en tapant dans une balle, au centre du campement. Des enfants, cheveux en pétard et dents gâtées faute de soins, jouent à leurs côtés. Ils ne sont pas à l’école, le maire de Méry-sur-Oise refuse de les scolariser (voir encadré). Sans eau courante ni toilettes, les conditions d’hygiène sont déplorables et les rats pullulent. Le soir, seul un groupe électrogène et quelques fils électriques détournés apportent un peu de lumière.
Aucun des adultes n’a de travail régulier. Leur français est approximatif et ils doivent décrocher une promesse d’embauche avant d’être autorisé à travailler. « Comme le délai d’obtention est de presque trois mois, les patrons sont découragés ! », déplore Hervé Sorroche, président de l’association Aset (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes). Ils vivent donc de petits boulots au black, mais aussi de la manche et des aliments retrouvés dans les poubelles.
Moins pire qu’en Roumanie
Carmen était puéricultrice en Roumanie. Avec 100 euros par mois, elle avait à peine de quoi se nourrir. Elle nous accueille dans sa caravane –relativement- confortable : vitres en verre et non bâches en plastiques scotchées, comme sur tant d’autres véhicules, rangements en bois et bouquet de fleurs. Elle y vit depuis février avec son mari, ex-chauffeur routier reconverti dans la réparation de palettes en bois, et son fils de 4 ans, Alexandro. Ils sont venus en France parce que leur vie en Roumanie, où les Roms ont subi cinq siècles d’esclavage (jusqu’en 1856) était « très difficile » : « Pas de maison ni caravane mais squat, problèmes administratifs, dur de bien manger… ». Cette Roumaine de 35 ans, qui en paraît déjà dix de plus, est fière de montrer ses nombreux diplômes. Elle ne désespère pas de trouver un travail, « même faire le ménage », et souhaite une « intégration correcte » dans la société. Elle insiste pour démentir le cliché de voleurs de poules et de voitures que les Roms traînent comme des casseroles. C’est aussi cette désastreuse réputation que déplore l’imposant voisin de Carmen, la quarantaine. « Le sigle de la France ‘Liberté, égalité, fraternité’ c’est pas pour nous. Regardez comment on vit ! » Jean-Pierre Dacheux tempère : « Au moins, ici, les policiers tapent moins fort. » Maigre consolation.
Chiffres
On dénombre environ 400 000 Roms (terme utilisé au niveau européen pour désigner les populations tsiganes) français en France. 120 000 sont des voyageurs, qui vivent en caravane.
Il y a entre 5000 et 7000 Roms roumains, bulgares et kosovars en France.
Ils parlent la langue romani, proche de l’italien.
La loi Besson du 5 mai 2000
Cette loi sur l’habitat et l’accueil des Gens du voyage tend à rendre obligatoire l’installation d’aires d’accueil pour les communes de plus de 5000 habitants et la réalisation de schémas départementaux d’accueil des Gens du voyage
Enfants déscolarisés
Le campement compte une trentaine d’enfants de 5 à 11 ans, qui ne sont pas scolarisés. Hervé Sorroche, président de l’Aset (Aide à la scolarisation des enfants tsiganes), explique que le maire de Méry-sur-Oise, Jean-Pierre Pernot (divers gauche) a refusé la scolarisation en primaire, « invoquant les conditions de vie insatisfaisantes des enfants et argumentant que c’est à l’Etat de régler le problème ». Trois jours par semaine, le camion-école de l’Aset vient apprendre les rudiments de la langue française aux enfants. Le problème ne se pose pas pour les collégiens, car l’accueil dans ces établissements du secondaire dépend du conseil général.
Immobilier
Vous cherchez un appartement à louer ? Une maison à acquérir ? Un prêt compétitif ? Trouvez votre bonheur avec Metro Immo !
Rencontres
Envie de trouver l’âme sœur? Inscription gratuite et rapide sur Metro Rencontres
Spectacles
Théâtre, concerts, spectacles... Faîtes vos réservations sur Metro Spectacles ! Simple et rapide.
Co-voiturage
Au quotidien ou de manière occasionnelle, trouvez via Internet des personnes souhaitant partager un véhicule.
Emploi
Avec Metro Job, trouvez votre futur emploi parmi près de 20.000 offres.
