J’ai pris place le 15 avril à bord du premier Eurostar pour la Grande Bretagne. Je concrétise là plusieurs mois passés à la préparation de mon voyage écologique à travers l’Europe : mon projet eco-traveler est en marche.

Je change de train à Londres, puis arrive à Cardiff où je saute juste à temps dans le bateau qui m’emmène à Flat Holm Island, minuscule île d’à peine 500 mètres de long posée au milieu de Bristol Channel. C’est le lieu de mon premier projet où je vais passer les deux prochaines semaines en tant que volontaire.

Je débarque sous un grand soleil et je me sens privilégié de pouvoir jouir de cet endroit sauvage où coexistent paisiblement une imposante colonie de goélands, un petit troupeau de sept chèvres sauvages, une vingtaine de moutons d’élevage et une armée de lapins qui pullulent librement. Je suis d’emblé bercé par la brise et le cri des oiseaux qui tournoient sans cesse autour de moi.
   
Nous sommes deux volontaires à œuvrer à Flat Holm et au matin du premier jour, après avoir relevé les informations météorologiques, nous prenons la direction de la plage pour déblayer les rochers charriés par les vagues et qui gênent l’accostage du bateau. Nous œuvrons ensuite à détourner les évacuations des eaux de pluie. En effet, en plus d’être en autonomie d’électricité (par le solaire et l’éolienne), nous le sommes également au niveau de l’eau : en hiver les précipitations sont récupérées et stockées car en été, avec le retour des oiseaux, celles-ci ne peuvent être exploitées.

Entre autres activités,  nous avons ces derniers jours construit de nouvelles boites pour les activités d’éveil des enfants, collecté le bois mort échoué sur la plage destiné alimenter la chaudière, rassemblé les moutons passés par un trou de la barrière que nous avons elle aussi remis en état. Autant d’occupations au grand air stimulantes pour le corps et l’esprit.

C’est encadré par la biologiste chargée de l’étude des goélands, que nous nous mettons en route en ce dimanche matin ensoleillé pour une marche autour de l’île afin de procéder à un comptage d’oiseaux. Armé de jumelles, notre petite troupe se met en quête d’huîtriers, de tadorne de belon et autres espèces peuplant les lieux. Quel bonheur de vivre ces moments de convivialité, face aux éléments, à observer la vie sauvage dans toute sa splendeur. Un autre jour ce sera la prospection les nids situés sur une partie de l’île préservée que nous effectuerons, ceci afin de protéger une variété d’herbe dont le développement est menacé par la présence des volatiles.

Je me gorge ici pleinement de nature et profite au maximum de l’isolement et de l’écoulement paisible du temps.