Mis à jour 04-05-2008 11:35
La France, pays de rêve pour les Chinois francophones
La langue française, romantique et utile pour le commerce, est de plus en plus étudiée en Chine. Un engouement qui ne se dément pas à l'approche des JO.

Photo : Zhuoying Feng
Le français en Chine : les chiffres
L’étude de la langue française se situe en 4ème position en Chine (après l'anglais, le japonais, le russe).On compte sur ce territoire environ 15.500 étudiants, un corps enseignant de plus de 700 professeurs chinois de français.
Une soixantaine d’universitaires chinoises ont établi leur département de français
Il existe déjà douze Alliances Françaises dans une bonne partie des grandes villes de Chine et deux autres en construction.
Depuis l’ouverture vers l’extérieur en 1979, la Chine valorise de plus en plus la maîtrise des langues étrangères. Au fil des ans, la capacité à parler l’anglais est devenue monnaie courante chez les jeunes. Une partie de la population cherche donc à acquérir un autre atout pour s’imposer lors des entretiens d'embauche : parler le français.
Romantisme et commerce
Malgré les derniers rebondissements dûs au Tibet et aux JO, la France a une image fortement positive dans l’Empire du Milieu car elle est synonyme de romance, luxe et savoir-vivre. Sa langue, la quatrième la plus parlée au monde, est utilisée aussi bien en Europe qu’en Afrique. La Chine, premier exportateur mondial, n’oublie pas d'être pragmatique : maîtriser l’anglais et le français, c’est être capable de faire du commerce avec le monde entier.
Du coup, le nombre de départements universitaires de langue française et de centres de formation au français se multiplient partout en Chine. Nombreux sont les étudiants qui choisissent même de continuer leurs études en France, pour améliorer leur niveau, mais aussi pour vivre un vrai dépaysement.
Se confronter au français
Voici plusieurs témoignages d'étudiants en français :
Sun Jiye, étudiant en master de recherche en échange à l‘Université Lyon III, souhaiterait une réforme du mode d’enseignement en Chine :
Pourquoi j’ai choisi le français comme spécialité ? C'est à cause de Céline Dion ! Pendant les deux premières années à l’école, les cours sont essentiellement l'orthographe et la grammaire. Et les deux années qui suivent sont centrées sur la littérature et la civilisation française (la licence est de quatre ans en Chine, ndlr).
A quoi ça sert, la littérature? Je suis plutôt en faveur du modèle de LEA (Langue Étrangère Appliquée) où les étudiants ont plus de cours utiles à l'insertion professionnelle, tels que des cours d’économie et de droit.
Sophie, en 4ème année de français à l’Université de Zhongshan en Chine, avoue être passionnée pour le français :
Dès que j’ai commencé à apprendre le français, j’ai découvert les différentes facettes de la France, dont la façon de pensée française me fascine, notamment le vin, le parfum et l'art de vivre.
Je suis convaincue que la passion pérenne est la meilleure motivation pour apprendre le français !
J’envisage de faire un master professionnel en France après ma licence en Chine. Quatre ans d’études passés à étudier le français et sa culture m’ont amené dans le monde francophone, qui est merveilleux et qui me convient parfaitement. Mais je suis impatiente de partir pour comparer rêve et réalité, même si on organise déjà pendant les cours de français beaucoup d'activités sur la culture française, dont une conférence culturelle intitulée “ la France en couleurs”, des concerts, des festivals de gastronomie, etc.
Wang Xudong, étudiant à l'ESSEC, avoue que c’est un choix plutôt dû au hasard et assez décevant :
J’ai choisi le français plutôt que le russe ou l’allemand à cause de l'image romantique de la France. Mais je n'étais pas très motivé dès le départ. Ce n’est pas évident de maîtriser le français à mon âge, 33 ans. C’est vrai que la relation sino-française s’est améliorée récemment. Mais être étudiant en français en Chine n'est pas vraiment une chance... Je ne pense pas que cette langue soit vraiment un atout pour faciliter l’insertion professionnelle. Les chances de trouver un boulot sont assez limitées.
Pourtant, l’approche des JO à Pékin a relancé l’engouement pour le français. Beaucoup de secteurs font appel aux bilingues capables de donner des renseignements aux francophones dans la rue, de faire l'interprète lors de réunions, de recevoir les clients dans l'hôtellerie, à l’aéroport etc. Le marché étant déjà saturé pour l’anglais, la langue française pourrait prendre son envol sans peine.






