Le climat azuréen ne suffit plus pour attirer les ingénieurs informatiques. C’est le constat qu’ont tiré les invités de la dernière table ronde emploi organisée par Metro, la semaine dernière à Nice. “Le marché est aujourd’hui en faveur des candidats” reconnaît Olivier Ménard, compétence manager chez Atos Origin.
“Les ingénieurs français ont tellement de possibilités d’embauche que l’on a plus de mal à les faire bouger que les ingénieurs étrangers, renchérit Milko Zlicaric, responsable marchés chez GFI. Ils sont sollicités dès l’école (pour ceux qui étudient dans les écoles des groupes 1, 2
et 3 comme Centrale ou Supélec). Les jeunes diplômés des grandes écoles sont très pragmatiques, ils ont fait un casting des régions.”
Une fortune pour les attirer
Eric Champ, directeur “strategic business unit” chez Assystem Technologies, raconte qu’il a carrément reçu des mails lui indiquant très poliment : “Je suis heureux de vous dire que vous êtes sur ma short-list” ! Selon lui, un CV déposé sur Internet reçoit près de trente propositions dans la journée… Presque le monde à l’envers à une époque où trouver un emploi stable est l’une des premières préoccupations des jeunes. “On dépense tous une fortune pour les attirer”, souffle même le représentant d’Assystem.
Dans ce contexte, les compétences et les besoins ne connaissent pas de frontière. “Aujourd’hui, la concurrence n’est plus locale ou nationale, elle est internationale, notamment avec la Chine, les Etats-Unis. L’Allemagne remonte également, et l’Angleterre fait dans la surenchère salariale”, souligne Milko Zlicaric.
Une part de rêve
Alors quand on a déniché et formé la perle rare, on fait tout pour la garder. “Fidéliser nos collaborateurs, c’est le gros problème aujourd’hui. Nous sommes choqués par le niveau de turn-over”, insiste Eric Champ. Les entreprises déploient des trésors d’inventivité pour conserver leurs salariés les plus performants. “Il faut créer une notion d’appartenance à l’entreprise”, affirme Nathalie Flohic, directrice d’agence chez Sopra Group.
“Aux jeunes diplômés on vend l’entreprise, le projet, une part de rêve aussi, car il ne connaît pas le marché du travail”, souligne Corinne Pirinoli, manager chez Amadeus. “Chez Atos, indique Olivier Ménard, chaque collaborateur connaît ses possibilités d’évolution de carrière. Nous y sommes obligés pour les attirer et fidéliser. Ils y sont très sensibles.”
Mais bizarrement, s’amuse Eric Champ, “ils sont mobiles jusqu’au moment où ils viennent ici. Lorsqu’ils ont goûté à Cannes, Sophia-Antipolis ou Montpellier, c’est difficile de les envoyer à Dunkerque”. Car même dans un domaine archi- concurrentiel, il ne faut pas négliger l’attrait du soleil.
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Mis à jour 28-04-2008 08:44

Lors de la table ronde organisée par Metro à Nice la semaine passée.
Cherche ingénieurs informatiques désespérément
Metro a réuni mardi dernier des professionnels du secteur des nouvelles technologies du Sud-Est de la France
35 000 : c’est, en moyenne, le salaire annuel auquel peut prétendre un jeune diplômé d’une grande école d’ingénieur pour son premier emploi.
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