Dans l’ensemble de la zone euro, les prévisions économiques de la Commission européenne, publiées hier, sont loin d’être réjouissantes: la commission table sur une inflation de 3,2% en 2008, et sur une timide croissance de 1,7%. Dans ce tableau noir, l’économie française fait grise mine, avec une croissance prévue de 1,6% et une inflation de 3% pour 2008. Son déficit, surtout, est alarmant. Il s’élèverait à 2,9% du PIB en 2008, au lieu des 2,6% initialement prévu. En 2009, il atteindrait les 3%, limite maximale autorisée par Bruxelles.

Mise en garde

Bruxelles envisage ainsi de lancer une mise en garde précoce à la France : la situation française « est un cas clair pour utiliser les instruments qui sont entre nos mains », explique Joaquin Almunia, commissaire à l’économie. Des instruments qui peuvent aller d’une mise en garde à d’éventuelles sanctions financières…

Réactions

A Bercy, on préfère « rester serein » : « les propos de M. Almunia sont très prudemment tournés, très soft. » Le gouvernement maintient par ailleurs ses propres prévisions de croissance et de déficit. Il table pour 2008 sur une croissance de 1,7 à 2% avec un déficit de 2,5%, et sur un déficit réduit à 2% en 2009. « Les prévisions de Bruxelles sont excessivement pessimistes, explique-t-on à Bercy. Elles ne prennent pas en compte certaines mesures, comme la Loi de Modernisation de l’Economie, présentée aujourd’hui, qui devrait avoir un impact positif sur la croissance. Nous sommes vigilants, mais nous maintenant notre politique économique. » Reste à savoir si le gouvernement est toujours en mesure de tenir sa promesse d'un retour à l'équilibre de ses comptes à l'horizon 2012.