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17-04-2008 14:35 Metrofrance.com
"Il faut de la sincérité pour slammer"
A l'occasion de la sortie de "Enfant de la ville", le slameur a dialogué en direct, jeudi 17 avril, avec les metronautes.
Entre deux dates de tournée et en pleine promotion de l'album, je suis ravi de participer à mon premier chat. Bonjour à tous.
Phil : Bonjour. Qu'est ce que le succès de votre premier album a changé pour vous?
Surtout l'emploi du temps. Dans les périodes creuses je garde mes bonnes vieilles habitudes.
Mouloud : Certains critiques disaient que ton premier album manquait de son. As-tu voulu faire quelque chose de plus musical?
Oui. Pas forcément à cause des critiques, mais parce que je voulais m'ouvrir à différents univers musicaux.
Ania : Bonjour. Avez-vous changé votre écriture depuis le premier album?
Non. J'écris toujours au feeling. Selon l'humeur du jour. Sans penser à l'album.
Tout le monde prend des coups. Et tout le monde, à plusieurs moments de sa vie, doit faire preuve d'un mental de résistant.
Fati : Bonjour. Est que c'est difficile de ne pas prendre la grosse tête quand on est invité partout?
Non, je ne crois pas. Je suis quelqu'un qui prend pas mal de recul donc toutes ces invitations ne me donnent pas le tournis.
Amed : A quel âge as tu écris ton premier texte? En as tu ressenti le besoin? As-tu pris des cours?
J'ai écrit mon premier texte vers 15 ans. Mais j'ai slammé pour la première fois à 25 ans. Je n’ai pris aucun cours.
Phil : c'est comment chez metro ?
Y a plein de monde. C'est le bordel. Et les filles sont pas mal du tout.
Patrick : C'est quoi au juste le slam si ce n’est pas du rap?
Le slam n'est pas un genre musical. C'est un moment de rencontre où les gens disent leur texte a capella. Il y a donc énormément de styles différents dans le slam. On peut trouver des rappeurs, des poètes à l'ancienne, des conteurs...
Amel : J'adore "je viens de là". T'as raison les clichés sont très répandues sur le cité. On ne sait pas parler, on glande... Comment faire pour faire comprendre aux gens que ce n'est pas que ça?
Il faut l'écrire. Il faut le dire. Il faut en parler au maximum aux gens qui ne connaissent pas ce milieu là.
Momo : Dans tes remerciements à la famille tu cites Diam's? Vous êtes pote? Tu remercies aussi le "Hors père" et la "mère veille" tu peux m'expliquer?
J'ai rencontré Diam's à plusieurs reprises. Elle est venue me voir en concert. Je suis allé la voir en concert. C'est une vraie passionnée et une belle plume. Et puis, ce sont mes parents. C'est une petite dédicace.
Nico : Est ce que tu continues à animer des ateliers de slam?
Oui. Dans des écoles, des maisons de retraite, des prisons...
Karim : Quelles sont tes références musicales? Qui écoutes-tu?
Un mélange entre la chanson française (Brassens, Brel, Renaud) et le rap français (NTM, IAM, Oxmo...).
Tia : Quels sont tes engagements associatifs? Milites-tu?
Je milite au niveau local. Dans différentes associations, et notamment par le biais de mes ateliers d'écriture.
Francis : Beaucoup disent que le slam est plus difficile à renouveler et qu'en gros, vous ne pouvez vous renouveler que par le texte. Etes-vous d'accord?
Ba non. On peut se renouveler à la fois par le texte et la musique qui l'accompagne. Mais déjà, rien que le texte peut se renouveler à l'infini.
Jennifer : Ton engagement associatif pourrait-il basculer vers un engagement politique?
En tous cas, pas sous les projecteurs des médias.
Micha : Je te kiffe trop. T'as déjà une meuf?
Ba oui. Mais je te kiffe quand même.
Mathy : Tu as du l'expliquer des millions de fois, mais je te connais pas. Pourquoi ce nom Grand Corps Malade?
Quand j'ai découvert le slam, tous les slammeurs avaient des pseudonymes très bizarres. J'ai voulu faire comme eux et prendre ce nom (de sioux) en référence au fait que je marche avec une béquille.
Ana : Quand on écoute ta chanson "mental", on a l'impression que la vie a été dure. Tu as l'impression d'avoir pris des coups?
Tout le monde prend des coups. Et tout le monde, à plusieurs moments de sa vie, doit faire preuve d'un mental de résistant.
Just75 : Il faut être doué en français pour slammer ?
Non, pas du tout. Tout le monde peut slammer, quelque soit son niveau de français, de culture générale. Il faut juste avoir envie et faire preuve de sincérité.
Elia : tu te revendiques de la cité. Quel est ton avis sur les révoltes, quel constat fais-tu?
Je me revendique de la banlieue, pas de la cité. Je pense que les révoltes sont liées à des causes très profondes et très ancrées, et que malheureusement les choses vont être difficiles à faire évoluer.
Francis : Comment as-tu découvert le slam?
En passant la porte d'un petit bar, un soir de 2003.
Tia : Quelles actualités t'inspirent? Penses-tu faire un texte sur les manifs des lycéens?
Tout peut m'inspirer. Et notamment le thème de l'éducation. Ca me tient particulièrement à cœur. Je pense que les budgets de l'état devraient être beaucoup plus importants dans ce secteur.
Tonio: Pourquoi les choses ne bougeraient-elles pas pour les banlieues? Quels sont les freins selon toi?
Je crois que les choses commencent à bouger, mais que les problèmes sont profonds (chômage, urbanisme...), et qu'il faudra une volonté importante, et plus d'argent, pour débloquer les freins.
Katie : Tu as fait un texte sur un instituteur, pourquoi? Quels sont tes souvenirs d'école?
Ce n’est pas vraiment un texte sur un instituteur. J'ai juste pris la voix de ce prof pour parler des grands maux de la planète. Sinon, mes souvenirs d'école sont excellents. Beaucoup de rires, quelques bêtises, plein de potes, et puis un peu de cours quand même.
Nat : Elle est pour qui ta première chanson d'amour?
Pour Elle.
Jennifer : Tu es le porte-drapeau du slam mais on connait assez peu d'autres artistes dans le domaine, peux-tu nous donner quelques noms qui te plaisent dans le milieu?
Souleymane Diamanka, Rouda, Ami Karim, John Pucc', Julie, Sophia, Loubaki...
Quentin : Que penses-tu de la refondation de NTM, tu aimes?
Je suis très heureux qu'ils reviennent sur scène. Ils n’ont pas d'équivalent sur scène. Je serai à Bercy le 18 septembre.
Vani75 : Qui soutiens-tu à la Star Ac ou Nouvelle Star ? Regrettes tu que le slam ne soit pas plus représenté?
Je n'ai rien contre la Star Ac ou Nouvelle Star, mais je ne soutiens personne en particulier. Et je ne regrette pas que le slam ne soit pas plus présent.
Céline : Est ce que tu joues d'un instrument de musique?
Non, j'ai joué un tout petit peu de piano et d'harmonica, enfin vraiment un tout petit peu.
Cop : toi qui voit derrière les caméras, il est comment ce monde là?
Il est assez superficiel, tout a l'air d'être un grand jeu. J'aime bien la vie quand il n'y a pas de caméras.
Thierry : Pas forcément facile d'être connu à l'étranger pour un spammeur, non? Ce n'est pas frustrant?
Y a déjà pas mal de pays francophones quand même. Et j'ai eu l'occasion de faire des concerts en Belgique, en Suisse, au Canada, et bientôt au Mali.
Albin : Ca te fait quoi d'être sur scène?
C'est le moment que je préfère. Tout le travail qui est fait à côté (le disque, la promo) sert à faire de la scène.
Thierry : Ingrid Betancourt, c'est un combat qui te touche?
Oui. Comme toute personne un peu humaniste. Tu ne peux pas être indifférent à ce genre de drame.
Pim : Est ce que tu penses être un poète? En lis-tu?
J'ai redécouvert ce mot grâce au slam. Quand j'étais à l'école, je pensais que c'était une insulte, et le slam m'a fait redécouvrir ce mot. Aujourd'hui, j'essaie d'en être digne.
Dorty : Quelles sont tes méthodes d'écriture?
J'écris en vers, j'aime les rimes et le rythme des mots. A part ça, je n'ai pas vraiment de méthode d'écriture.
Antoinette : Aimé Césaire vient de mourir. Ta réaction ?
C'est un grand monsieur qui nous quitte. Il était plus que respecté aux Antilles mais aussi en métropole. C'était un homme talentueux et engagé.
Karazov : Que conseillerais-tu a un jeune qui veut se lancer dans le slam?
Grand Corps Malade : De participer à des scènes ouvertes, dans des cafés. C'est la meilleure école.
Nathan : Fais tu toujours partie de l'underground?
Je continue de slammer dans des bars, des petites soirées slam. C'est ça être underground?
Cop : Tu fais quoi quand tu bosses pas?
Je squatte pas mal les terrasses de café et je vais au cinéma.
Grégory : Le dernier livre que vous ayez lu ?
Chagrin d'école, de Pennac.
Grenaille: avez vu bienvenue chez les cht'is
Oui je l'ai vu. J'ai bien rigolé.
Mat : T'es profondément optimiste?
Oui. Je crois que je le suis depuis toujours.
Kazakov : As-tu pensé à écrire un livre?
On me l'a proposé, mais je n'y pense pas pour le moment. Peut être plus tard, qui sait?
Tina : travailles-tu déjà a de nouveaux projets?
La priorité, c'est la deuxième tournée qui vient de démarrer. Sinon, j'ai quelques projets d'écriture pour d'autres artistes.
Grégory : que penses-tu du piratage de la musique sur le Net ?
Je suis forcément pas trop pour. Etant donné que j'ai des disques dans les bacs. Moi pour l'instant, je m'en sors, mais le piratage, c'est la mort des artistes les moins connus.
Abbie: Que faites-vous de l'argent que vous gagnez?
J'ai fait comme tous ceux qui gagnent de l'argent, j'ai acheté un appart.
Tempa : Tu vis toujours en banlieue ?
Toujours à Saint-Denis.
Jo : Si vous deviez faire autre chose que du slam, ce serait... ?
Je ne sais pas vraiment mais il y a des chances que ça tourne autour de l'écriture... d'autres types d'écritures.
Sexiest : La toute première chanson que t'aies écrite, ça parlait de quoi ?
Ca s'appelait « Cassiopée » et ça faisait allusion à mon accident.
Fabrice de la classe : Petit, tu voulais faire quoi dans la vie ?
D'abord footballeur professionnel, puis tennisman professionnel, puis basketteur professionnel. Tu vois un peu le genre?
Merci beaucoup. Les thèmes étaient variés et les questions pertinentes. Bravo, vous avez gagné le droit d'aller acheter l'album. :)
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