Que vous habitiez en ville ou à la campagne, le Muséum d’histoire naturelle et l’association Noé conservation ont besoin de vous. Avec l’arrivée (timide) du soleil de printemps, c’est la saison des papillons qui commence. Et avec elle, la troisième campagne de comptage de l’Observatoire des papillons de jardin. C’est une expérience de science participative qui associe le grand public à la récolte des données.
Une espèce menacée
“En quinze ans, l’Europe a perdu la moitié des populations des espèces de plaine”, explique Julie Vinson, responsable flore et invertébrés à Noé conservation. “Les données pour la France sont connues avec moins de précision, car l’observation n’était faite que par une centaine de spécialistes”, explique-t-elle. Grâce au succès de l’Observatoire, ce sont maintenant des milliers de personnes que s’y mettent. L’année dernière, près de 4 000 jardins ont été suivis par des particuliers pour recueillir des données sur la présence des papillons. Avec des feuilles de comptage illustrées, les observateurs notent la présence de 46 espèces.
“C’est un travail excellent qui a été réalisé, affirme Julie Vinson, car on estime à 5% la marge d’erreur. Les observations ont montré la présence de plus de papillons à la campagne qu’en ville et de deux fois plus de ces insectes dans les jardins où l’on n’utilise pas de pesticides que là ou on en utilise : ça confirme la fiabilité des données.” L’expérience réussit tellement bien qu’on envisage de la reproduire dès 2009 pour les escargots (il en existe 700 espèces en France !).
“Pour les papillons de jour, on peut déjà faire des analyses au niveau de la France, confirme Benoît Fontaine, responsable de l’analyse des données au Muséum, mais il y a encore certaines régions qui ne sont pas assez couvertes”. La Corse est la région la moins bien lotie, avec 15 jardins participants. Suivent le Limousin et l’Auvergne avec moins de 100 jardins surveillés.
Cibler les action de préservation
Pour étudier l’évolution des populations de papillons en France, il va falloir poursuivre les observations sur le long terme (cinq à quinze ans). Il sera alors possible d’observer les effets du réchauffement climatique ou de l’utilisation des pesticides sur leur présence et leurs déplacements. “Cela permettra de mieux cibler nos actions de préservation et de restauration à venir”, précise Julie Vinson.
Mais l’Observatoire est déjà en lui même une action de préservation. “Il y a un million d’hectares de jardins en France, c’est quatre fois plus de surface que les réserves naturelles”, fait savoir Julie Vinson. Les jardins sont donc un important réservoir de biodiversité : chaque petit coin protégé sera un paradis pour les papillons... et les escargots.









































