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13-05-2008 11:18 Nadia Loddo
OGM : comment s'en passer
L'étiquetage reste l'outil de base pour assurer le libre choix du consommateur.
Photo : F.Santrot/Metro
Pour le moment, seuls les produits issus de l'agriculture biologique sont garantis 100% sans OGM.
A l’heure où les OGM font débat à l’Assemblée nationale –et dans les rangs de la majorité- le rôle du consommateur dans les choix de société à venir paraît essentiel. Les enquêtes d’opinion le confirment depuis des années : en Europe, on n’a pas envie de consommer des aliments contenant des OGM. Toutefois, la législation en vigueur ne permet pas toujours de faire ses courses le cœur net.
Etiquetage
Pour l’étiquetage, c’est la réglementation européenne qui s’applique en France, depuis avril 2004. A partir du moment où le seuil de 0,9% d’organismes génétiquement modifiés est atteint ou dépassé dans un produit, leur présence doit être indiquée dans la liste des ingrédients. Ce seuil n’a pas de fondement scientifique, mais est le résultat d’un compromis atteint au niveau européen. Associations des consommateurs et ONG font alors pression pour que la présence d’OGM soit indiquée à partir de leur seuil de détection (environ 0,1%). Toutefois, Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l’UFC-Que Choisir se veut rassurant vis-à-vis des consommateurs : « Les analyses du service des fraudes montrent très peu de contamination d’OGM dans les produits qui ne sont pas étiquetés », explique-t-il.
Pour le moment, donc, seuls les produits issus de l'agriculture biologique sont garantis 100% sans OGM. C’est leur cahier des charges qui le garantit. Ce qui n’est pas le cas d’autres labels de qualité comme l’Appelation d'origine contrôlée (AOC) ou le label rouge. En effet, leurs cahiers des charges n’interdisent pas de nourrir les animaux avec du maïs ou du soja transgénique. « C’est étonnant pour le AOC car cette appellation fait justement référence à un mode de production traditionnel. Or, on ne peut pas dire que les OGM fassent partie de la tradition », souligne Olivier Andrault.
Les animaux en mangent
Lors de la discussion à l’Assemblée nationale, l’opposition a en effet proposé un amendement pour que le consommateur puisse savoir si la viande, les œufs, le fromage le lait… qu’il achète provient d’animaux nourris avec des aliments transgéniques. L’amendement a été refusé. « C’est une demande ancienne, confirme Olivier Andrault, qui ne tient pas qu’à des éventuels dangers sanitaires. C’est une réflexion éthique plus large car le consommateur a le droit de vouloir encourager ou pas le développement des cultures OGM. »
L’information du consommateur est à la base de son pouvoir d’influencer l’offre des producteurs par ses achats. L’étiquetage est donc essentiel. « Bien lire les étiquettes est notre seul et unique moyen de pression : si aujourd’hui nous n’avons pas d’OGM dans notre alimentation, c’est justement grâce à l’étiquetage qui oblige les producteurs à prêter attention aux demandes de la société », explique Olivier Andrault. Cette information de base, qui peut paraître tout à fait banale sur nos emballages, n’est pas donnée à tout le monde. Aux Etats-Unis, terre fertile pour les organismes génétiquement modifiés, il n’existe aucune mention de la présence d’OGM dans les aliments. Et il y en a partout.
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