Mis à jour 09-04-2008 07:28
"Une certaine idée du style qui s’en est allée"
Par Antoine de Caunes
C’est ce genre de constat qui continue à nous faire pleurer, vingt ans après, et comme au premier jour, la disparition de Pierre.
Pourquoi a-t-il fallu qu’elle sombre, cette flamboyante tête de gondole de l’Insubordination, laissant la place à un monde où le rire préenregistré est quasiment devenu la norme, et où le surgelé finit par prendre le pas sur le cueilli du jour ?
Quel est-il, ce dieu cruel, qui a prématurément rappelé à ses côtés notre ami frondeur, insoumis et incontrôlable, nous abandonnant comme autant de Petits Poucets au milieu de la noire forêt du rire post-moderne ?
Pourquoi a-t-on l’impression qu’avec Pierre, c’est une certaine idée du style qui s’en est allée, et qu’en le perdant, c’est un écrivain qu’on a perdu par la même occasion ? Et qui plus est : un écrivain qui faisait rire, ce qui, il est vrai, court les rues, mais pas forcément pour les mêmes raisons.
Pourquoi a-t-on souvent l’impression, depuis, de continuer à rire de tout, certes, mais avec n’importe qui ?
Hein ? Pourquoi ?













