Mis à jour 09-04-2008 07:23
"Il m’a permis de me moquer de tout, surtout des choses les plus graves"
Par José Garcia
Il y a des moments où on se décide trop vite. Surtout quand François Rollin vous demande de vous souvenir de Pierre Desproges et de lui rendre hommage, il est préférable de réfléchir avant de répondre. Mais j’aime Desproges, et j’ai dit oui, très vite… et maintenant je sais que c’est duraille de parler d’un génie. Alors j’essaye de me souvenir, de mettre des mots sur ce qu’inconsciemment je lui ai pris.
Desproges m’a permis de me moquer de tout, surtout des choses les plus graves. Grâce à lui, la vie m’a paru plus légère. Quand une émotion trop forte me terrasse, c’est bon de l’entendre se foutre de tout avec autant de talent !
Aujourd’hui, ses textes ont gardé toute leur force. Il est moderne. Desproges, c’est le rythme à l’envers, la syncope, le contretemps. Faisant mine de rien, il rate la chute d’une histoire, puis en réinvente une autre encore meilleure. Des phrases passent en coup de vent et vous reviennent plus tard comme un wagon de marchandises. Le pince-sans-rire, le gars qui marmonne des vannes hilarantes à côté des radiateurs au fond d’une classe, celui que je voulais toujours à côté de moi, celui qui se fait jamais choper, la bonne humeur de la classe, c’est lui.
Il est aussi celui qui m’a donné le culot de pouvoir servir une blague à un trisomique. Le plus important n’étant pas qu’il la comprenne mais qu’il se sente aimé comme les autres.
Desproges est comme un chêne : indestructible. Mais un jour, la foudre a bousillé Desproges.
J’espère que ses racines profondes lui permettent de respirer ailleurs !
Et puis, qui sait ? Il pourrait bien renaître grâce à un gland !













