Partie de Pékin, il y a quelques jours, la flamme olympique devra traverser les cinq continents avant de revenir dans 120 jours en Chine, au terme de ce qui semble déjà plus se présenter comme une longue marche que comme une grande parade de 137 000 km.

Alors que le gouvernement chinois, dans la plus pure tradition des régimes communistes, espérait utiliser les JO pour glorifier le régime, il se trouve aujourd’hui otage de l’opinion publique internationale et de la longue liste de ses opposants nationaux. Habituée à contrôler les médias, Pékin a totalement sous-estimé le danger d’une telle exposition, alors que ses opposants en ont vite compris toute l’opportunité. Le fait d’envisager de faire passer la flamme par le Tibet ou Taïwan démontre à quel point les Chinois n’ont pas vu le piège venir.

Dorénavant immanquablement précédée d’un débat sur le boycott dans chaque continent, pays, ville traversés, la flamme éclairera, de fait, la face la plus noire de la Chine. Parce que le gouvernement chinois ne sait que réprimer ceux qui s’opposent, chaque incident avant et pendant les JO ne viendra qu’accentuer cette image. Alors qu’on peut massacrer des manifestants ou opprimer des minorités, peut-on aujourd’hui priver la terre entière d’une grande fête olympique réussie ? Certainement pas sans conséquence, et les dirigeants chinois l’ont maintenant compris.

Certes, en Chine, le statu quo social s’est parfaitement organisé entre société civile et politique. Le régime a acheté sa survie en laissant ses sujets goûter sans limites aux joies du capitalisme. En contrepartie de cette liberté, les Chinois ont accepté sa survivance. Tant que les affaires n’en pâtissent pas, les Chinois ne feront donc pas de politique. Que la situation vienne à changer, et ils s’interrogeront sur l’avantage à faire évoluer les mœurs politiques de leur pays.

Mêmes les murailles tombent un jour.