Il existe trois réserves biologiques sur le massif. Aujourd’hui, vous allez les unir et en étendre la surface pour créer une unique grande réserve. Quelle est l’importance de cette démarche ?
D’abord, c’est une volonté très forte de transmettre ce patrimoine aux générations futures. Nul ne sait si une plante présente sur ce massif pourra être un jour à la base d’un médicament pour lutter contre le cancer ou contre le sida. Nous avons besoin de zones témoins de la biodiversité et de les conserver dans le meilleur état biologique possible. Il s’agit de gros réservoirs de biodiversité à léguer aux générations futures. Deuxièmement, nous souhaitons en faire un laboratoire en plein air pour l’observation des changements climatiques. Il y a une présence humaine limitée sur le massif, ce qui permet de mieux observer l’impact. Le projet est de travailler avec des scientifiques locaux par des accords de recherche avec les universités de la région.
L’extension de la réserve se fait grâce au mécénat d’Ushuaïa. Comment s’est mis en place ce partenariat ?
Les entreprises qui viennent nous voir doivent accepter notre charte mécénat et respecter un certain nombre de principes comme l’éco-responsabilité, l’engagement éthique et social. L’ONF est heureux du partenariat exemplaire avec Ushuaïa qui a débuté après les tempêtes de 1999. Depuis près de huit ans, cet engagement durable a permis la restauration de quatre arboretums remarquables. Aujourd’hui l’entreprise finance l’extension de la réserve biologique au sein du Massif de l’Esterel qui recouvrira 1300 hectares au lieu de 500 aujourd’hui.
Comment voyez-vous la contribution d’entreprises privées à la protection de l’environnement ?
Nous sommes demandeurs de ce genre de partenariat avec des entreprises. Au-delà de l’aspect financier, ça sert de caisse de résonance pour sensibiliser les gens à ce que nous faisons. C’est aussi une façon de poser des regards croisés de cultures différentes su un sujet donné. La réflexion qui vient d’un autre milieu aide à voir les choses différemment et à développer la recherche. Pour moi, tout ce qui permet un décloisonnement des cultures et des idéologies fait avancer la société. C’est très enrichissant.
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Mis à jour 10-04-2008 19:19
"Nous avons besoin de zones témoins de la biodiversité"
Le massif de l’Esterel est un site classé, cependant des menaces pèsent sur la préservation de la riche biodiversité qu’il abrite. Les incendies, les plantes invasives qui évincent peu à peu les essences naturelles, le réchauffement climatique et la forte fréquentation de la part du public poussent donc à la création de réserves protégées. Jacques Le Héricy, directeur environnement et développement durable à l’Office National des Forêts, explique le sens de la démarche de l’ONF et l’importance du partenariat avec les entreprises pour la mise en place de ce genre de projets.

Les balcons du massif de l'Estérel.
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