Mis à jour 25-03-2008 21:10

Ils sont violents dès trois ans

Dans "Enfants bandits ?", Sonia Imloul raconte des anecdotes qui semblent tout droit sorties d’un film d’horreur.

Sonia Imlou (photo)l est l'auteur de "  "Enfants bandits ? La violence  des 3-13 ans dans les banlieues"  , éd. du Panama, 154 p., 15 euros.

Sonia Imlou (photo)l est l'auteur de " "Enfants bandits ? La violence des 3-13 ans dans les banlieues" , éd. du Panama, 154 p., 15 euros.

Photo : Philippe Matsas

Comment ce garçon de six ans a-t-il fait d’un simple balai une arme plus tranchante qu’un poignard ? Pourquoi Sarah, 4 ans et demi, a-t-elle planté son crayon dans le dos du caïd  de la classe ? Pourquoi s’est-elle jetée sur un enfant pour lui enfoncer une courgette en plastique dans la gorge ? Qu’est-ce qui a poussé Aziz, 5 ans, à répondre à une correction verbale de sa maîtresse par un coup de poing dans le ventre ? Dans son ouvrage Enfants bandits ? Sonia Imloul, fondatrice de l’Association de prévention de la délinquance des mineurs Respect 93, raconte des anecdotes qui semblent tout droit sorties d’un film d’horreur. Pourtant, ces scènes ont toutes été vécues par des enfants de moins de 13 ans, des parents et des professeurs.  Loin de dénoncer la violence de ces gosses, l’auteur cherche à comprendre pourquoi le gouvernement choisit l’esquive et le silence plutôt que de rechercher des solutions.  

Manque de données

Si le ministère de l’Intérieur communique largement ses chiffres sur la délinquance, difficile d’obtenir des informations sur les faits commis par les moins de 13 ans. De fait, en dessous de cet âge, un enfant ne peut faire l’objet d’une condamnation pénale. Au mieux, il sera l’objet d’une sanction éducative à partir de dix ans. En 2005, sur les 82 556 actes de violence dont les juges pour enfants ont été saisis, 3 474 concernaient des enfants de moins de treize ans. Aucun des faits n’est détaillé. “Les instituteurs sont dépassés, explique Sonia Imloul. Ils voient ces jeunes évoluer sans que rien soit fait. L’Etat ne met en place aucun dispositif.” Selon elle, le cas de ces enfants doit être soigné à la source. “Ces comportements naissent souvent après une séparation ou quand il y a des violences domestiques. Les parents ont besoin de référents, de médiateurs. Les enfants ont eux aussi besoin de soutien. Il faut une réforme profonde de la politique familiale et la mise en place d’actions pouvant prévenir des situations dramatiques.”  

Sans réponse

Sonia Imloul attend un geste du gouvernement. En novembre dernier, elle écrivait à Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée. Elle a envoyé son livre au Président. Pour l’instant, elle reste sans réponse. Elle compte bien sur Nadine Morano, nommée récemment secrétaire d’Etat chargée de la famille.

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