“2,5 milliards de personnes sont à la recherche de toilettes”, c’est le slogan cette année de la Journée mondiale de l’eau, organisée aujourd’hui par les Nations unies. L’événement a pour but de tirer la sonnette d’alarme sur l’assainissement, un enjeu moins médiatisé que l’accès à l’eau potable mais tout aussi important. Dans les pays en voie de développement, 90% des eaux usées sont en effet rejetées dans les rivières sans traitement ce qui entraîne une pollution nocive pour l’homme et l’environnement. 40% des habitants de la planète ne disposent pas de système d’assainissement de leurs excréments.
Les conséquences de l’absence de traitement des eaux usées sont d’abord sanitaires. L’eau insalubre est la première cause de mortalité au monde avec de 5 et 8  millions de victimes par an du fait des maladies comme les diarrhées et le choléra, qui se transmettent par voie féco-orale. “1,8 million d’entre eux sont des enfants”, précise Véronique Lebourgois, de l’ONG Solidarités.

L’assainissement est aussi une question de dignité humaine, comme le souligne Jean Lapègue, chef programmes eau et assainissement à Action contre la faim. Pour les femmes, le manque de toilettes est souvent à l’origine de discriminations. “Dans certains cas, les petites filles ne sont pas autorisées à fréquenter l’école : elles ne peuvent pas uriner ou déféquer librement comme les hommes”, constate-t-il.

Des armes, des glaces ou des toilettes ?
L’ONU estime à 10 milliards de dollars par an l’investissement nécessaire pour diviser par deux la proportion de personnes privées d’assainissement en 2015. “C’est moins de 1% du budget militaire mondial de 2005, un tiers des dépenses en eau en bouteille et environ l’équivalent des dépenses en glaces des européens”, selon le site de la Journée mondiale de l’eau. Un tel effort permettrait de couvrir les besoins de 100% de la population mondiale en une vingtaine d’années.