A 24 ans, la jeune Cap-verdienne, née à Cuba, que vous êtes a déjà vécu dans de nombreux pays. Pensez-vous que cela ait influencé votre musique ?

Plus que ma musique, ça m'a influencé tout court. Cette vie de nomade, je l'ai connue dès l'âge de six ans. Je suis née à Cuba un peu par hasard, après, c'est mon père militaire puis mon beau-père qui m'ont permis de voyager tant. Grâce à ça, j'ai pu m'ouvrir aux autres cultures ce qui m'a ensuite décomplexée dans ma musique.

Si on devait vous qualifier en quelques mots…

(Elle réfléchit longuement). C'est compliqué car je ne sais pas si je dois parler du positif ou du négatif. Et comme en ce moment je suis dans un moment de remise en cause de certaines choses, j'aurais plutôt tendance à évoquer le négatif… c'est pour ça que je ne vais pas répondre. (Elle sourit.)

Et si je vous parle de défaut...

J'aime bien avoir l'impression de tout contrôler, dans ma vie comme dans mon travail. Il faut que tout soit comme je le sens, le plus parfait possible. Il faut que j'apprenne à accepter que parfois les choses arrivent malgré nous et qu'il est impossible de tout contrôler.

Et vous avez l'impression d'avoir manqué de contrôle pour ce 2e album : qu'il lui manque quelque chose ?

Non, là je ne parlais pas du tout de l'album. Je trouve que cet album est plus abouti que le premier que j'aime pourtant beaucoup car il était pour moi, plus spontané et plus direct. On avait moins de temps pour le préparer, moins de moyen et j'avais moins d'expérience. En fait c'était un peu un enregistrement live. Sur le deuxième, je me suis senti plus épanouie. Il y a plus de moi-même dedans et j'ai pris plus de plaisir à le réaliser.

Ressentez-vous une pression particulière avant votre concert à la Cigale ?

Oui parce que j'ai prévu de faire quelque chose de nouveau pour ce concert-là. Au groupe avec lequel j'ai l'habitude de me produire, j'ai décidé d'ajouter 7 musiciens que je ne connais pas. On répètera tous ensemble 3 jours avant le concert. J'avais envie d'instruments supplémentaires… on verra ce que ça donnera : ça sera la surprise ! Ce qui me met la pression finalement, c'est l'inconnu : et si ça ne marche pas ?

Et comment vivez-vous le faite d'être sur scène à Paris ?
Quand je me produis à Paris, quoiqu'il arrive j'ai déjà une certaine pression. Je chante à la maison. C'est un peu comme-ci je chantais au Cap-Vert. C'est plus difficile.

Alors ce n'est pas comme au football, où, évoluer à domicile est un avantage car on bénéficie de son public ?

Oui, c'est vrai. On peut être plus porté… mais on ait aussi plus jugé. Les gens attendent quelque chose de toi, ils ont déjà des repères. Il existe une expression chez nous (au Cap-Vert) qui dit : les saints d'ici ne font pas de miracles (l'équivalent de : nul n'est prophète dans son pays). C'est-à-dire que quand tu viens d'ailleurs, personne ne te juge mais quand tu chantes "à la maison", les gens veulent être surpris même si en même temps ils peuvent beaucoup te donner.

Rêvez-vous un jour de faire l'Olympia ?

(Après un long moment de réflexion.) Pas spécialement. J'aime bien chanter dans des petites salles. Chanter à l'Olympia n'est pas un but pour moi. Pourtant, c'est vrai que d'avoir chanté là-bas ça fait jolie sur une bio ou même à l'égo… mais finalement ce sont des choses qui passent très vite. Mon rêve est plus de l'ordre personnel que professionnel.

Le Kuduro (danse venue d'Angola et du Cap-Vert) a gagné la France. Pouvons-nous imaginer prochainement un morceau en de Mayra Andrade en Kuduro ?

Je n'y avait pas pensé… ça peut me donner des idées. Mais pour l'instant ce phénomène de mode ne m'a pas atteint.

Une question plus intime. Etes-vous amoureuse actuellement ?
Euh, oui.

Peut-on avoir son nom ?
Euh, non (elle rigole.)