"Je digère tranquillement mon abandon au soleil. J'ai trouvé refuge chez Ronan Le Goff (trois fois vainqueur du Trophée Jules-Verne, le tour du monde à la voile le plus rapide réalisé en équipage, sans escale et sans assistance, ndlr). J'ai fait de sa petite case derrière la plage sur l'île d'Itaparic mon sas de décompression.
C'est bien plus calme que Salvador de Bahia où j'ai laissé mon bateau. Je suis venu au Brésil parce qu'il y avait une marina qui pouvait abriter PRB et que Ronan était là pour m'accueillir. Mais l'arrivée au Brésil n'a pas été simple. Quand on dit qu'abandonner est toujours une bonne galère, elle a bien continué depuis l'avarie. C'est un pays superbe, mais administrativement, c'est très compliqué.
Je viens de passer plus de trois jours à ne m'occuper que des papiers pour mettre le bateau en règle. Depuis dimanche, c'est chose faite. Le trou dans la coque est réparé et on n'attend plus que le câble qui maintient le mat. Mon monocoque doit reprendre la mer mercredi pour retourner en Europe. En ce qui me concerne, je rentrererai en avion parce que j'ai pas mal de choses à faire en France.
Je vais laisser ma casquette de marin pour enfiler celle de chef d'entreprise afin d'envisager l'avenir de notre petite affaire. Avec une pointe de frustration, parce que je me serai bien vu bord à bord à 20 nœuds de moyenne dans les eaux de terres australes avec mes trois camarades de tête."
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Créé 03-12-2012 15:34 | Mis à jour 04-12-2012 10:20

Vincent Riou (PRB) a remporté le Vendée Globe en 2004. Photo : VINCENT CURUTCHET / DPPI - STUDIO VINCENT RIOU / PRB
Vendée Globe : "Itaparic, mon sas de décompression"
Mardi 4 décembre - Tous les mardis, le skipper de PRB, Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe en 2004, livre ses impressions de course à Metro.
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