Flushing Meadows ne réussissait plus aux Tricolores depuis 10 ans, le tirage au sort avait été peu clément... Est-ce que, même pour vous, ces excellents résultats sont une surprise ?
On peut vraiment tous les féliciter. Les joueurs étaient pourtant assez pessimistes après le tirage. Ils ont montré une combativité étonnante. En plus, il y a eu de grosses chaleurs sur New York ces derniers jours. On a vu des jeunes qui poussent et les plus âgés s'accrocher.

Des jeunes comme Paire, Ruffin et Mannarino qui ont fait preuve d'un culot monstre...
Mannarino et Paire n'avaient jamais gagné un match en Grand Chelem. L'un comme l'autre sont issus des qualifs. Ils s'en sont sortis au tie-break du 5e set alors qu'ils étaient tous les deux menés. Ils sont tous les deux pétris de talents. Ce sont ces matches-là qui font grandir.

Il y a quatre jours, une victoire de Llodra contre Berdych était inimaginable. Il ne pouvait pas poser le pied par terre…
On ne savait même pas s'il allait jouer. Il était frais mentalement, physiquement... A l'arrivée, il signe un match parfait sur un gros court face à l'un des meilleurs joueurs de la saison. On l'a senti, lui comme Clément ou Mathieu, heureux d'être sur le court. Leur chance aussi, paradoxalement, c'est de ne pas avoir bien joué avant. Ils sont arrivés moins émoussés que d'habitude alors que les conditions sont difficiles.

Les joueurs ont-ils été influencés aussi par qui s'est passé au Mondial ?
Inconsciemment, ça a du jouer. Je ne peux pas en être sûr mais certainement. A un moment, il y a des valeurs à défendre. Le sport représente autre chose que le business. Déjà à Wimbledon, le match marathon de Nicolas Mahut avait été un petit pied de nez à l'équipe de France de football. Comme l'athlé et la natation, on a envie de donner un autre visage du sport français.

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