En battant le XV du chardon (16-12), l’Italie s’est donné un coup de fouet comme seul le scotch écossais peut en procurer. Non seulement cette victoire permet d’abandonner à leurs adversaires vaincus la cuillère de bois qui leur colle aux doigts depuis deux ans, mais elle est aussi venue confirmer la montée en puissance du rugby transalpin.

Accrocheuse face à l’Angleterre (12-17) plus tôt dans le Tournoi, l’équipe de Nick Mallett, pour sa 10e année de présence dans cette épreuve, peut contrarier n’importe quelle équipe. Et si le XV de France – qui a déjà les yeux rivés sur la venue de l’Angleterre – n’a jamais perdu lors de ses dix confrontations depuis que le Tournoi s’est ouvert à l’Italie, il ne doit pas relâcher ses efforts pour autant. Les Bleus connaissent bien la roublardise de ceux avec qui ils évoluent en Top 14 : Gower et Perugini, de Bayonne ; Masi, du Racing ; les frères Bergamasco, du Stade français ou encore Canale, de Clermont, sont redoutables.

De l’autre côté des Alpes, on a exhumé la victoire de 1997. Quand, lors d’un test à Grenoble, le rugby italien a écrit une de ses plus belles pages face à des Français (32-40), auteurs du Grand Chelem une semaine auparavant : “Nous étions animés d’une passion incroyable, la même que je retrouve chez Mallett”, raconte Troncon, le coach des arrières azzuri, sur le pré cette année-là. Comme pour donner à ses joueurs des raisons d’y croire.