Pensez-vous qu'avec l'arrivée des Qataris, la rivalité entre Paris et Marseille est relancée ?
Christophe Dugarry : Aujourd'hui les rapports entre les joueurs et les dirigeants des deux clubs se sont apaisés. On est plus dans une vraie rivalité de supporters. C'est vrai qu'on entend ici ou là que "Paris c'est les riches", qu'ils ne "jouent pas dans la même cour"... Moi je n'aime pas cette façon de cataloguer le PSG. Etre plus riche que les autres n'est pas une maladie et surtout pas une garantie de réussite.
Daniel Bravo : C'est vrai que ça a changé quelque chose dans le sens où l'écart avec les autres clubs s'est creusé et que ça crée plus d'envie et de jalousie, voire de la méchanceté chez certains.
Vous avez tous les deux disputé plusieurs clasicos, en quoi est-ce un match particulier ?
C. D. : Il y a toujours plus de pression extérieure, surtout des supporters. Mais pour les joueurs, il n'y a pas de préparation spécifique. En fait c'est même plus simple car la motivation vient toute seule .
D. B. : C'est vrai que tu es obligé de te préparer avec un peu plus de sérieux et de tension. Parce que, à mon époque, on savait surtout qu'on allait être secoués, car en face, il y avait du niveau.
Que ressent-on lorsque l'on perd un match contre le grand rival ?
C. D. : Ca dépend du contexte, du classement... si vous perdez le clasico mais qu'à la fin vous êtes champions de France, ce n'est pas grave. Par contre, si vous êtes 5e ou 6e mais et que vous le gagner, ça permet de faire passer la pilule plus facilement aux supporters. En 1999, on est battu par Paris (1-2) alors qu'on lutte pour le titre et qu'on le perd d'un point derrière Bordeaux. Mais tout ne s'est pas joué sur le clasico. Si ce match-là valait quatre points peut-être que là on l'aurait pris différemment...
D. B. : Nous, on perdait quasiment tout le temps contre l'OM. C'était très dur car on avait toujours l'impression qu'ils mettaient plus d'envie et même de rage pour nous battre. Et puis il faut reconnaître qu'ils avaient une super équipe. En 1995, quand on les bat en demi-finale de la Coupe de France (2-0), c'était un petit exploit. On était très heureux car ça n'arrivait pas souvent.
Quel est le clasico qui vous a le plus marqué, en tant que joueur ou observateur ?
C. D. : Moi il y en a trois qui me viennent à l'esprit. Je revois la tête de Basile Boli juste après le titre de champion d'Europe en 1993 et bien sûr le magnifique match de Ronaldinho au Vélodrome (en 2003, ndlr). Je pense aussi au match nul des Minots au Parc (en 2006, l'OM a envoyé son équipe de jeunes à Paris pour protester contre la réduction du nombre de places allouées aux supporters marseillais). C'était fort ça aussi.
D. B. : Alors on ne s'est pas concertés, mais moi aussi je pensais aux clasicos de 1993 et 2003. Surtout que le premier, je l'ai joué et perdu... La performance des Marseillais, trois jours seulement après leur victoire en Ligue des champions, c'était assez exceptionnel. Après, en tant que spectateur, le festival de Ronaldinho à Marseille reste incroyable. Il est même applaudi par les supporters marseillais à la fin...
Avec la présence de David Beckham, le clasico de dimanche pourrait lui aussi rester dans les mémoires. Peut-il être une des clés du match ?
C. D. : Non, parce qu'il n'a pas joué depuis longtemps. Alors évidemment, il est capable sur un coup de patte de poser des ballons sur la tête d'un partenaire, mais c'est pas le genre de joueur qui va faire la différence à lui tout seul. Beckham n'est pas l'arme absolue du PSG.
D. B. : Pour moi, le plus important pour Paris c'est surtout le retour de Lucas et de Thiago Silva, plus que la présence de Beckham. C'est un joker de luxe. Lors de ses deux passages à Milan (en 2009 et 2010) la première année une réussite, mais la deuxième beaucoup moins... Il n'a pas été vraiment décisif et je crois qu'on verra le même Beckham à Paris.
Pouvez-vous nous livrer un pronostic pour ce clasico ?
C. D. : Sincèrement, je m'en fiche complètement de qui va gagner. Moi ce que je veux, c'est me régaler devant ce match.
D. B. : Moi je m'attends à un match un peu fermé. Je dirais, quand même que Paris va s'imposer, mais dans la difficulté. Je vois 2-1 pour le PSG.








































