Après l'affaire des comptes truqués de l’OM, qui a envoyé son ex-entraineur Rolland Courbis derrière les barreaux, les dérives du "sport business" font de nouveau parler d'elles.

Et cette fois, c’est au tour du PSG d'être en haut de l'affiche. Le club est poursuivi devant le parquet de la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, en tant que personne morale, dans l’affaire des transferts douteux.

A la barre, Laurent Perpère et Francis Graille, ex-présidents du club entre 1998 et 2003, l’équipementier Nike France, ainsi que différents agents de joueurs français et étrangers prévenus pour des faits de "faux, usage de faux et travail dissimulé". Le procès devrait durer un mois.

Retour sur une affaire juteuse
En 2003 les dénonciations du joueur Francis Llacer durant sa garde à vue - concernant une toute autre affaire de salaire et de dettes - vont conduire la police judiciaire de Versailles a enquêter sur les affaires suspectes du club parisien.

Un business juteux, avec pour toile de fond les transferts de joueurs aussi prestigieux que Gabriel Heinze, Nicolas Anelka, Pedro Miguel Pauleta, ou encore Augustine Okocha. En cause, des faux "contrats d’images" entre Nike France et les joueurs qui auraient permis au club d’économiser les charges sociales et aux joueurs de payer moins d’impôts.

L'autre versant du procès concernera les relations entre le club et les agents sur fond de fausses conventions présumées passées en marge d'une vingtaine de transferts afin de garantir des rémunérations occultes et défiscalisées (les fameuses commissions) aux joueurs et à leurs agents.

Mais si les prévenus jouent gros - jusqu'à trois ans d'emprisonnement, 45.000 euros d'amende et 225.000 euros d'amende pour les personnes morales - les joueurs s’en sortent plutôt bien. Aucun d’entre eux n’a été inquiété. Les juges n’ont pas retenu la responsabilité pénale des joueurs, estimant qu'ils n'ont pas participé aux montages frauduleux même s'ils en ont largement bénéficié.

Le groupe Canal +, actionnaire de l'époque, et ses dirigeants échappent également aux poursuites. Canal+ s'est porté partie civile, comme la Fédération Française de Football (FFF) et l'Urssaf.