A l'occasion de la rencontre France-Angleterre, le match était retransmis ce soir dans une vingtaine de salles de cinéma françaises par CielEcran, en partenariat avec France 2 et Eutelsat. Pour l'occasion, des caméras 3D Panasonic sont venues doubler les appareils classiques disposés en bord de terrain pour filmer le "crunch".

Alors la 3D, ça change quelque chose ?
Oui... mais pas que en bien. Effectivement, le match filmé en 3D, ça le fait. Le temps de chausser ses lunettes et je suis presque sur le terrain avec les joueurs. Presque parce que quelques petits détails sont gênants. D'abord, les effets 3D, bien que présents, sont quand même moins impressionnants que dans le cadre d'un film. Forcément, les petits effets spéciaux en trois dimensions pensés exprès pour bluffer le téléspectateurs (qu'on peut voir dans "Avatar" ou bientôt dans "Alice aux pays des merveilles") sont absents. 

Par ailleurs, la qualité des images filmées est encore à revoir. Filmer en 3D, ce n'est pas comme filmer avec une caméra classique. Il y a une technique différente à apprendre et tout n'est pas rôdé. Du coup, j'ai eu droit à des ballons flous (systématique quand il est en l'air) ou des ratées dans la mise au point avec à plusieurs reprises de flagrants problèmes de netteté de l'image, comme si mes lunettes se couvraient d'un coup de buée. 

Et puis il y a un truc à ne pas faire : le traveling rapide. C'est le flou assuré avec en prime le risque de donner envie de vomir aux téléspectateurs. Dernier petit détail gênant : la personne qui laisse dépasser sa tête devant une des deux caméras qui filme en 3D. Ça donne un effet très bizarre à l'écran... Mais il reste encore quelques mois avant la Coupe du monde de foot pour maîtriser ces différentes techniques.

L'ambiance ? Un peu comme dans une salle de ciné...
Il n'y a pas photo : on peut nettement mieux faire. Certes, j'ai assisté au match en 3D à l'Aquaboulevard de Paris et non pas à Toulouse, Montpellier ou Toulon mais il manque clairement un ingrédient. Déjà, rentrer dans une salle de ciné qui sent le popcorn pour voir du rugby, ça fait bizarre. Et ne pas avoir de bière à la main (avec modération) pendant le match ni même pendant la mi-temps , ça frise l'hérésie.

Mais passées les premières minutes et l'absence totale de réaction lors des hymnes nationaux dans la salle (même fredonner, j'ai pas osé), on rentre peu à peu dans le match. A la deuxième mi-temps, la salle s'est peu à peu chauffée. Applaudissements, encouragements et même (ouf) une petite Marseillaise. Un peu timide, certes, mais tout de même. J'oublie l'odeur de popcorn, les lunettes un peu gênantes, les effets 3D qui attirent l'oeil qui n'a pas l'habitude... je suis dans le match. Je prie les Dieux du Stade pour qu'on tienne le score jusqu'au coup de sifflet final. Ouf ça passe. Mais à la sortie, c'est la douche froide : la troisième mi-temps à l'Aquaboulevard, ce n'est clairement pas envisageable.