Après une saison difficile l'an passé, l'AS Monaco est aujourd'hui sur un petit nuage (2e de L1). Vous attendiez-vous à jouer les premiers rôles ?
Guy Lacombe : On ne s'attendait pas du tout à ça. En plus actuellement on ne peut pas dire qu'on joue vraiment les premiers rôles. On est à 10 journées du début du Championnat, c'est arrivé à d'autres équipes d'être dans les 3 ou 4 premiers et ne pas jouer les premiers rôles pour autant. Il faut qu'on soit très mesuré. On a engrangé des points, mais ne nous posons pas de questions !
Mais à en croire différents joueurs de L1, l'ASM est bien plus crainte que l'an passé…
C'est sûr que les équipes qui nous ont rencontré et qui ont perdu ont dû se dire "c'est qu'ils ont quelque chose", c'est évident. On a 21 points, il est normal que les équipes adverses commencent à regarder Monaco différemment.
Vous possédez dans vos rangs le meilleur buteur du Championnat. Ça vous étonne que Nenê soit en haut de ce classement ?
Oui et je peux vous confirmer qu'il est surpris lui-même. Franchement, quand j'ai tout fait pour garder Nenê et le faire revenir de l'Espagnol de Barcelone c'est plus pour ces qualités de passeur que de buteur. Mais je savais quand même qu'il pouvait marquer des buts, je le vois à l'entraînement. Nenê, c'est un peu notre Gignac à nous cette année.
C'est l'effet Lacombe qui l'a transformé en buteur ?
Non, non. C'est l'effet de l'équipe. Il s'est bien senti d'entrée. Il a marqué contre Toulouse un but important et puis après ça a enchaîné. C'est souvent comme ça la réussite. Il l'a mérité parce qu'il arrive à maturité et c'est un joueur de caractère. Il faut juste que l'équipe accepte ce caractère et que lui aussi sache gérer. C'est du donnant-donnant et actuellement ça fonctionne bien.
Alors c'est quoi la méthode Guy Lacombe ?
Partout où je suis passé ça a été la même. Je prône le collectif, l'envie ensemble de gagner un match. J'ai toujours fonctionné comme ça en essayant de tirer le meilleur de chacun pour que l'équipe marche bien.
Cette année, Monaco réussi aussi bien à domicile qu'à l'extérieur (3e à domicile et 2e à l'extérieur). Quel est le secret ?
Après 10 journées, c'est le calendrier. Ça a bien fonctionné pour nous, on est tombé sur les bonnes équipes au bon moment. Et comme on a envie d'avancé… On parle de Nenê, mais les anciens qui sont au club y sont aussi pour beaucoup. Ils ont aussi vraiment envie car ils restent sur des années noires où ils ne s'éclataient pas trop. Alors que là ils ont peut-être le sentiment que l'on peut faire une saison sympa donc voilà.
Vous parlez de joueurs comme Stéphane Ruffier par exemple qui fait une saison excellente ?
Oui c'est ça, d'ailleurs, il le dit lui-même : "on essaye de s'accrocher". On parle de Nenê mais c'est vraiment tout un collectif qui permet de le mettre en valeur et peut-être que demain ça sera un autre.
Vous affrontez le leader Bordelais. Que pensez-vous de votre adversaire ?
Bordeaux est champion en titre et ce que l'on peut dire c'est que l'an dernier, ils n'ont pas volé leur titre. Ils ont été le chercher. Moi l'an dernier, j'étais entraîneur à Rennes et leur match le plus révélateur c'est certainement celui qu'ils jouent contre nous au match retour à Rennes, où ils sont réduits à 10 et ils vont chercher leur victoire.
C'est cette envie d'avoir envie d'aller gagner constamment et puis leur jeux qui est franchement bien rodé qui caractérise Bordeaux. J'ai l'impression qu'ils sont repartis cette année sur la même vision et le même jeu. Ça va être dur.
Bordeaux reste sur une série de 5 victoires à domicile. Est-il impossible de gagner à Chaban-Delmas ?
C'est sûr que c'est difficile chez eux. Je crois que l'an dernier, ils ne perdent pas un match là-bas. Nous avec Rennes, on menait 1-0, on pensait le gagner ce match-là et au final, on ne le gagne pas. Il y a effectivement à Chaban-delmas quelque chose qui se passe pour eux. Ils auront à cœur de gagner pour conserver cette invincibilité. Mais ça fait aussi parti du talent de cette équipe qui joue et qui est récompensée à travers le jeu.
Quel serait le point faible des Bordelais ?
Je ne pense pas qu'ils aient vraiment de points faibles. Quand on regarde ce qu'ils ont fait face au Bayern, on voit bien que c'est une équipe qui est solide cette année. On sent qu'elle a franchi un palier et c'est ce que souhaitait Laurent Blanc. En revanche, sur un jour tout est possible. Ils peuvent avoir un jour sans et il faut que l'on mise tout là-dessus. S'ils ne sont pas trop bien, il faudra en profiter… Mais franchement, je ne vois pas Bordeaux faiblir contre le Dauphin.
Quel Bordelais craignez-vous le plus à Bordeaux ?
Il y a beaucoup de joueurs que je crains. Mais c'est vrai que Yoann Gourcuff que je voulais prendre à Paris me paraît être un homme important. Il est décisif, c'est sûr mais à la fois, il fait jouer les autres et c'est extraordinaire d'avoir un joueur pareil. Mais il y a aussi les Chamakh, Wendell, Diarra, et bien d'autres. A leur poste se sont vraiment des joueurs de grande qualité. Ils ont ce plus qui fait que le jeu est aussi harmonieux à Bordeaux c'est-à-dire Yoann Gourcuff qui est un peu la courroie de cette équipe.






































