L'ultime bastion de la masculinité ne ferait vibrer que les hétéros, uniquement des mecs, des vrais. Question de virilité paraît-il. D'ailleurs en un siècle, les gays se comptent sur les doigts d'une main chez les pros. Sans doute aussi parce que faire son coming out dans un vestiaire est un acte aussi héroïque que suicidaire dans un milieu où ouvrir sa gueule, c'est aller au devant de gros problèmes. L'Anglais Justin Fashanu qui a vu sa carrière puis sa vie ainsi brisées peut en témoigner.

En France, une autre affaire est venue éclairer cette semaine sur les moeurs et l'hypocrisie du foot. Depuis l'annonce il y a 5 ans de son homosexualité, Yoann Lemaire qui évolue au FC Chooz, en division d'honneur, encaisse humiliations et injures. L'an passé, la situation dérape. Devant les caméras de France 3, un coéquipier l'insulte. Son club ne sanctionne pas, écoeuré, il préfère s'en aller.

Le scandale médiatisé par Canal + fait grand bruit. La Ligue Champagne-Ardennes s'empare du dossier, une conciliation est même organisée avec la FFF qui obtient les excuses de son agresseur. Et puis coup de théâtre en fin de semaine dernière : le FC Chooz refuse de le réintégrer. Après l'intervention de Rama Yade, Lemaire a finalement récupèré sa licence et le dirigeant qui l'avait menacé de mort a été écarté. Lucide, Lemaire, qui "a peur des réactions des joueurs", répète lui que le "foot c'est terminé".