Sur un terrain, Michel Platini voyait le jeu plus vite que les autres. De son bureau de la présidence de l'UEFA, il continue à anticiper. Depuis des années, l'ancien meneur de l'équipe de France explique que le football européen court à la catastrophe. Aujourd'hui, son modèle économique dévisse. Adopté le 1er juin 2010, le fair-play financier entrera en vigueur en 2013 pour une gestion plus saine. Explications.
Ne dépenser que ce que l'on a gagné
L'UEFA veut un retour progressif à l'équilibre financier des clubs. L'objectif est qu'aucune équipe n'affiche un déficit supérieur à 5 millions d'euros. Aujourd'hui, on en est loin, et le délai autorisé, jusqu'en 2018, ne sera pas de trop. Concernant les comptes entre 2013 et 2015, les pertes sur ces deux saisons pourront atteindre 45 millions d'euros. Puis 30 millions de 2015 à 2018. Ne seront pas pris en compte les investissement inhérents au stade ou à la formation de joueurs.
Un large éventail de sanctions
Platini aura-t-il le courage de punir les cadors du foot européen ? L'UEFA va lui en donner les moyens. Si les déficits explosent, les sanctions iront de l'amende à la limitation du nombre de joueurs pouvant participer à une coupe européenne. En dernier recours: l'exclusion du club de cette compétition. L'UEFA va renforcer les pouvoirs de son panel de contrôle financier. Les équipes pourront contester ses décisions devant le Tribunal arbitral du sport ou la Cour de justice européenne.
Quid de la dette ?
Si le fair-play financier se penche sur les revenus des clubs, il élude le problème de leur dette. Or elle est abyssale : 15 milliards d'euros en 2010. Si, en France, la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) encadre l'endettement des équipes, personne ne régule celui des voisins. Manchester United, dont la dette s'élève à 370 millions d'euros, ne serait pas sanctionnable par l'UEFA. En effet, son dernier bilan financier (pour 2010-2011) présente un excédent de 35 millions d'euros... “Le but n’est pas d’empêcher les investissements des clubs, explique Platini. Mais ils doivent le faire en fonction de leurs ressources et pas pour financer le salaire des joueurs ou les transferts...” Sous peine de connaître une autre crise. Celle de la dette.






































