Mis à jour 05-05-2010 08:49
Eric Cantona : "Je suis moitié marseillais, moitié anglais"
Cantona, producteur et protagoniste d'un documentaire diffusé le 23 mai sur Canal+ sur sa ville de coeur. Rencontre.

Eric Cantona est au coeur d'un documentaire sur les origines et l'histoire des deux clubs ennemis de Manchester.
Photo : Richard Aujard
Impossible de passer à côté de lui actuellement. Canto est partout. A l'affiche de la pièce Face au Paradis qu'il partage avec Lorant Deutsch. Sa biographie le rebelle qui voulait être roi, sortira bientôt en France. Et le 23 mai, Canal + lui consacre une soirée spéciale. Au programme : la diffusion de Looking for Eric de Ken Loach suivi d'un documentaire qu'il a produit sur les origines et l'histoire des deux clubs ennemis de Manchester, United et City. A quelque jours du derby, l'ex n°7 des Red Devils est parti à la rencontre des supporters rivaux.
Quelle est la genèse de ce doc ?
On a eu cette idée sur le tournage du Ken Loach. Au-delà de la passion des fans, c'est l'histoire de la ville, sa culture et la question de l'identité que nous voulions traiter. C'est réellement une série qu'on développe sur huit épisodes. Après Manchester, il y aura Buenos Aires, Rio, Glasgow…
La ferveur demeure malgré l'arrivée d'investisseurs étrangers à la tête des clubs ?
Dans la dernière partie du documentaire, on évoque le cas du FC United qui a été créé par des fans de MU (Manchester United) opposés à la prise de contrôle par Glazer. Le foot a toujours été à l'image de la société, le miroir d'une époque. Aujourd'hui, c'est ça. Quand on est dans l'actualité, on a trop tendance à avoir la tête baissée, se dire que c'est définitif et que la vie va s'arrêter.
Comment expliquez-vous votre aura à MU ?
Manchester est une ville où on aime le beau jeu, les beaux joueurs…… A partir du moment où ils sentent que vous donnez toute votre vie pour gagner, pour le club, ils préfèrent ces types là. Ils n'ont pas peur de la difficulté à devoir gérer une personnalité complexe. A Manchester, on se sent chez nous, protégé, aimé. Ce qu'on leur donne, on ne pourra jamais donner plus ailleurs. Moi, j'ai été transcendé là-bas.
Aux yeux des fans de City, vous représentez quoi ?
Je ne sais pas. Il faudrait voir avec eux. Il n'aiment pas perdre (contre United). Après, il y a des hommes derrière tout ça… (silence). Je pense que je suis respecté.
Est-ce que vous avez ressenti plus jeune ce que les fans éprouvent pour leur club ?
Moi, j'étais un fan de l'OM quand j'étais gamin. Il n'y avait qu'un club dans la ville. On était passionné d'abord par la pratique du jeu et puis après par l'équipe. Le foot à Marseille, c'est quand même quelque chose de fort.
Est-ce que vous pourriez arrêter le ciné provisoirement pour prendre les rênes de MU ?
Non aujourd'hui, je prends beaucoup de plaisir à faire ce que je fais. Et c'est très bien comme ça. Et puis Alex Fergusson ne me demandera jamais quoi que ce soit. Je pense qu'il mourra manager de Manchester. Il le restera le plus longtemps possible.
Quand vous montez sur les planches, vous avez le trac ?
Ben non ! J'ai eu une vraie excitation, très forte, durant les 10 premiers jours. Mais rien n'est comparable au football. C'est ce que je recherche et que j'ai trouvé un petit peu. Pour ceux qui n'ont vécu que ça, c'est très fort. Pour ceux qui ont connu une carrière de sportif, on se contente des miettes quoi puisqu'on ne peut plus jouer.
L'OM, leader de Ligue 1, devant Auxerre, ça doit vous faire plaisir ?
Aujourd'hui, je préfère voir le football comme on le voit nous depuis qu'on travaille sur cette série. Je trouve plus intéressant de l'approcher par ce biais.
Vous ne vous reconnaissez plus dans le foot d'aujourd'hui ?
On n'est pas obligé de s'inscrire dans quelque chose. De toute façon, c'est très difficile de dire stop. Je pense que dans 50 ans, je ferai encore du cinéma et on dira toujours l'ex-footballeur. A un moment donné, on a son histoire et c'est tant mieux. Et puis, elle est belle cette histoire.
Beaucoup d'anciens joueurs donnent leur avis. Vous on ne vous pas ou peu entendu ?
D'abord par ce que je suis passé complètement à autre chose. Et parce ce que je veux me servir de mon histoire, non pas pour aller commenter des matches ou donner mon avis sur un entraîneur. C'est bien qu'ils le fassent. Moi je trouve qu'il y a des choses plus intéressantes.
La 1ère Coupe du monde en Afrique, ça vous touche ?
Je n'ai pas prévu de m'y rendre. Je soutiendrais l'Angleterre. Je suis à moitié marseillais, à moitié anglais.





