"Mes critères essentiels ? L'état d'esprit, le comportement, l'attachement au maillot. C'est capital. Celui qui pointe des faiblesses, qui ne veut pas accepter, il dégage." Le message de Laurent Blanc a le mérite d'être clair : il faut tourner la page du Mondial 2010. Dans un entretien accordé au journal L'Equipe daté de ce mercredi, le tout nouveau sélectionneur des Bleus se confie. Son état d'esprit, le match en Norvège, la mutinerie de Knysna, Ribéry, Benzema, sa philosophie, tous les sujets y passent.

"Tout le monde veut effacer le souvenir de cette Coupe du monde au plus vite. Tu as envie de reparler football, de mettre en place ta nouvelle organisation, ton fonctionnement." Laurent Blanc n'a qu'une seule envie, démarrer son nouveau job, et ça se sent. Lui qui profite de ses derniers jours de vacances en famille à Montpellier donnera sa première liste le 5 août, en vue du match amical en Norvège le 11.

"Elements importants"
Une liste qui, selon son souhait, ne comptera aucun des 23 mutins du Mondial. "Je ne veux pas que ça s'éternise durant tout le mois d'août. La sanction sportive a été prise. J'aimerais que ça s'arrête là", se justifie-t-il. Blanc tient également à ne pas laisser les affaires de moeurs empiéter sur ses choix. "La procédure peut durer six mois, un an. Ribery et Benzema seront, je l'espère, des éléments importants de l'équipe de France." Il a par ailleurs affirmé que Benzema est "sélectionnable pour la Norvège", et ce malgré sa mise en examen.

Les grévistes de Knysna risquent, eux aussi, de revenir plus tôt qu'on ne le pensait. Laurent Blanc confesse par exemple que "dans une fourchette de 16 à 19 joueurs", sa liste pour le Mondial aurait été la même que celle de Raymond Domenech. Et un certain nombre d'entre eux devraient pointer le bout de leurs nez dès le début des éliminatoires de l'Euro 2012. "On ne peut pas changer les bases du jour au lendemain. Il faut se raccrocher aux certitudes que l'on a, se référer à ce qui a été fait, aux bons matchs. Je me serais bien passé de cette sanction. En Norvège, j'aurais aimé voir des choses avec les joueurs majeurs. Ce n'est plus possible", déplore-t-il.

"Il dégage"
Mais alors, il y aurait bien des joueurs majeurs ? "Si vous pouvez m'en citer un, bravo, parce que je n'en vois pas, à part le gardien de but (Lloris, ndlr)." Ribéry ? "Le concernant, les choses ont bien changé. Est-il encore incontournable aujourd'hui ?" Le sélectionneur a ensuite livré le fond de sa pensée sur la grève de Knysna. Serait-il descendu du bus ? "Je n'y serai même pas monté. (...) Je serais allé à l'entraînement. Arranger le coup d'un copain, d'accord, mais ça se gère en interne. Si tu fais passer l'intérêt d'un joueur avant celui du groupe, tu as tout faux."

Quant à son avenir, il est limpide : "C'est l'Euro 2012 ou je m'en vais." Il s'est également épanché sur son projet global, celui d'établir des passerelles entre les équipes de jeunes et l'équipe de France A. Notamment au niveau de la discipline : "Avec des jeunes de 16 ou 17 ans qui n'ont encore rien prouvé, il faut être intransigeant, en sélection et en club." C'est-à-dire ? "Un joueur qui n'est pas dans l'esprit, pas attaché au maillot, c'est fini pour lui. S'il sort du cadre, il dégage." En termes de jeu, Blanc a en revanche été plus évasif. Même s'il tient visiblement à revenir à l'essentiel : "Jouer bien, c'est formidable. Mais ce que veulent d'abord les gens, c'est voir gagner leur équipe."

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