Comme il l'avait annoncé en mars dernier, Dominique de Villepin a symboliquement rassemblé ses troupes au lendemain du 18 juin, pour annoncer la création de "République solidaire", un nouveau parti dans le paysage politique, même si dans la tradition gaulliste, ses partisans préfèrent parler de "mouvement".

Comme le club Villepin dont elle prend la relève, la nouvelle instance se veut au-dessus des clivages.

Certes "juridiquement il s'agit d'un parti", a expliqué Brigitte Grandin, la vice-présidente du club Villepin qui revendique 15.000 membres, mais selon elle, le terme "mouvement" est plus adapté. D'autant, a-t-elle assuré, que les futurs membres de "République solidaire" pourront cultiver une double appartenance, qu'ils soient issus de l'UMP, du Modem ou d'un parti de gauche.

Après s'être offert un bain de foule parmi les quelque 3.000 militants réunis à la halle Freyssinet (Paris XIIIe), l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac et grand rival à droite de Nicolas Sarkozy a gagné la tribune sous les cris de "Villepin président" (lire "Villepin tourné vers 2012").

"Que tous ceux qui dans notre pays se laissent gagner par le fatalisme (...) puissent se laisser convaincre que quelque chose de nouveau se lève à nouveau en France, quelque chose qui ne cessera au fil des mois de grandir", a notamment déclaré celui qui n'est pas encore officiellement candidat à la présidence, mais qui entend offrir une alternative de droite à Nicolas Sarkozy (lire "Je veux proposer une alternative").

Entre retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, évocation du "kärcher" et des "dérives du débat sur l'identité nationale" ou encore allusions au cumul des salaires de certains ministres, sur un ton très gaullien, pendant plus d'une heure Dominique de Villepin n'a en tout cas pas ménagé l'actuel occupant de l'Elysée et son gouvernement.

Pour l'heure, s'il se présentait à la présidentielle, Dominique de Villepin ne serait crédité que de 7 à 8 % des votes, selon les derniers sondages, mais il jouirait auprès des Français d'une cote de popularité de 49% d'après l'Ifop.