Le G8 environnement s'est terminé vendredi dans la ville sicilienne de Syracuse (Italie) avec l'adoption d'une "charte" sur la biodiversité : la "charte de Syracuse". Ce document met la lutte contre la perte de biodiversité en haut de l'agenda environnemental international recueillant, outre la signature des pays du G8 (Etats-Unis, Russie, Allemagne, Japon, France, Canada, Grande-Bretagne et Italie), le paraphe du Brésil, de la Chine, de l'Inde, du Mexique, de l'Afrique du Sud, de l'Australie, de la Corée du Sud, de l'Egypte, de l'Indonésie, du Danemark, ainsi que de la République tchèque qui assure la présidence de l'Union européenne.

Biodiversité et climat
Premier constat : la charte établit clairement le lien entre biodiversité et climat. Elle affirme ainsi que les politiques de lutte contre le réchauffement climatique doivent tenir compte des services rendus par les ecosystèmes. Si tous les milieux naturels ont un rôle à jouer, la charte met l'accent sur la lutte contre la déforestation comme axe prioritaire d'action. Comme les négociations dans le cadre de la convention climat de l'ONU le préconisent, il s'agit notamment de donner une valeur à la préservation de la forêt en tant que puits de carbone.

Pendant leur croissance, les arbres séquestrent du carbone de l'atmosphère aidant ainsi à baisser le niveau des gaz à effet de serre. En donnant une valeur à ce service et à la conservation qui va avec, il devrait être possible d'aider les  population dont la vie dépend des ressources de la forêt à remplacer les revenus amenés par la déforestation par les revenus qui récompensent la conservation.

Biodiversité et économie
Au deuxième chapitre la charte traite de "Biodiversité, Economie et Affaires". Elle affiche la volonté de renforcer l'utilisation de l'instrument économique pour la préservation de la biodiversité. Cela passe par une prise de conscience générale du fait que les services rendus gratuitement par la nature ont une valeur économique importante, et que leur perte représente donc un coût dont il faut tenir compte. C'est pourquoi, la charte incite les signataires à donner plus de soutien et de visibilité au rapport sur "L'économie des écosystèmes et de la biodiversité", qui est en cours de réalisation et devrait être publié en 2010.

Biodiversité et politique
Enfin, la charte renouvelle l'engagement de la communauté internationale à créer un "Giec" de la biodiversité. Voulue par le président Jacques Chirac en 2005, l'organisation devrait également voir le jour en 2010 (année de la biodiversité de l'ONU) et s'appeler IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). Sur le modèle du Giec (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), l'IPBES recouvrirait une fonction de trait d'union entre le monde scientifique et le monde politique, pour que savoir et action puissent aller de pair. Pour que les décideurs de la planète aient une information reconnue, complète et fiable sur l'état de la biodiversité et du coût de sa perte afin d'agir le plus rapidement et efficacement possible.