Aujourd'hui, entre 20 % et 30 % de la population française souffre d'une allergie. Ce pourcentage pourrait même "augmenter dans les prochaines années et atteindre 50% d’ici 2030", souligne le ministère de l'Environnement dans un communiqué. En ces jours de printemps, nos pensées vont de suite à collègues et amis souffrant d'un rhume des foins… mais en réalité, la cause des allergies est plus souvent à l'intérieur de nos maisons, où nous passons 85 % de notre temps. Cette pollution (moisissures, acariens, produits chimiques) est une véritable question de santé publique selon l'OMS. Elle est en effet à l'origine de gênes respiratoires, d'asthme et de nombreuses allergies.

En visite à Strasbourg...
Que faire pour les prévenir ? C'est pour amorcer une réponse à cette urgence sanitaire que Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat a l'Ecologie s'est rendue aujourd'hui en visite à Strasbourg. Elle y a rencontré Frédéric de Blay, chef du service de pneumologie à l'Hôpital civil, qui a créé en 1991 la profession de "conseiller en environnement intérieur" (CEI) à la faculté de Médecine. "Leur rôle consiste à faire un audit de la qualité de l’air et à mesurer les polluants incriminés lors du diagnostic médical. Cette visite à domicile est gratuite lorsque le conseiller est rattaché à une structure publique (ex : Hôpital pour la ville de Strasbourg)", explique le ministère.

Un million d'euros réservé
Il y a aujourd'hui 35 CEI en France, employés par des mairies ou par des hôpitaux. Tous ont été formés à l'Hôpital civil de Strasbourg, le seul établissement à enseigner cette spécialisation. Chantal Jouanno souhaite désormais étendre le dispositif. Elle a ainsi annoncé qu'elle "réservait dès maintenant un budget d'un million d'euros au lancement d'un appel à projets régionaux qui pourrait être mis en place d'ici l'automne prochain avec sa collègue Roselyne Bachelot, ministre de Santé et des Sports", a indiqué l'AFP.

L'expérimentation sera ainsi élargie à quatre régions avec la création d'une dizaine de nouveaux postes, subventionnés par l'Etat pendant trois ans.