Les mouettes lui tiennent compagnie sur l’aire de carénage de Keroman (Lorient). A vingt ans, la belle Tara subit une révision générale aux mains d’une équipe de marins dévoués. Il faut qu’elle soit parfaite pour larguer les amarres le 4 septembre : un périple de trois ans à la découverte des océans et de leur influence sur le climat l’attend. “Nous avons revu le bateau de fond en comble”, souligne le capitaine Hervé Bourmaud.
Des marins impatients
Sur le pont, la brise marine appelle au large. “On attend avec impatience le moment du départ après ces quatre mois de chantier”, confirme Hervé. A couvert, ça sent l’effort. Mika chante “Take it easy” à la radio, pendant que les marins et les techniciens de passage s’activent. Le défi n° 1 est de faire tenir sur un voilier de 36 mètres tout l’équipement d’une expédition scientifique de haut niveau. Une cabine a été aménagée en labo. Dans le couloir, une table attend ses microscopes. Le pont accueillera un labo humide. A la poupe, un treuil océanographique destiné à réaliser des prélèvements jusqu’à 2 000 mètres de profondeur prendra place, à côté d’un congélateur qui conservera à – 80° C les échantillons de plancton destinés aux labos à terre.
Trois nouveaux générateurs, moins émetteurs de gaz à effet de serre, sont là pour assurer le besoin énergétique de la grande famille de marins, scientifiques et responsables de la communication (14 personnes) embarquée. Si les énergies renouvelables sont aussi représentées à bord, avec un panneau solaire et deux mini-éoliennes, “elles ne permettent pas de satisfaire tous les besoins”, explique Hervé. Aujourd’hui l’heure est aux économies d’énergie. L’éclairage est basse consommation et la clim réservée aux pièces chargées en matériel informatique (labo sec et PC de communication). Mais en cabine, ça chauffe… même sous le soleil breton.
Avec les employés d’une entreprise d’insertion lorientaise, les marins ont conçu un système d’aérateurs “zéro énergie”. Des petites tentes posées sur les lucarnes du pont captent le vent pour l’envoyer directement dans les pièces du bateau. Ingénieux, non ? “Ma devise à bord est qu’il n’existe pas de problèmes, que des solutions”, assure Hervé. Ses marins, Sam, Mathilde, Guillaume, Mike, Fabrizio, Daniel, Baptiste, le prouvent tous les jours. La Dame d’aluminium n’a plus de secrets pour eux. Ils quitteront bientôt la maison de Lorient où ils partagent à dix leur quotidien pour enfin s’y installer. “Pour nous, l’expédition a commencé il y a quatre mois déjà !” lance le capitaine.







































