C'est la goutte de lait qui a fait déborder le seau. La baisse de 30% du prix du lait collecté en avril – pour lequel les éleveurs sont payés maintenant - a déclenché une série d'actions de protestation de la part des producteurs qui culmine ce mardi en une journée de mobilisation nationale devant les préfectures.
"C'est le prix des produits industriels stockables (beurre et poudre de lait) qui s'est effondré depuis le début de l'année", explique Gilles Psalmon, directeur de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, émanation de la FNSEA, premier syndicat agricole français). Mais cette baisse affecte désormais le cours de la matière première. "Les produits industriels représentent 30% des débouchés du lait français", explique Gilles Psalmon, alors que les produits de grande consommation (lait yaourts) constituent 50% du marché et ne sont pas touchés par la crise. "La baisse du prix nous semble excessive par rapport à un marché qui se tient", déplore Gilles Psalmon.
Depuis avril, le prix du lait acheté au producteur est en effet d'environ 21 centimes d'euro par litre alors que "pour que les producteurs s'en sortent, il faudrait qu'il soit d'au moins 30 centimes", ajoute-il. La FNPL déplore le manque de possibilités de négociation : "Il y a entre 80 et 90 mille exploitants laitiers en France qui vendent leur production à 5 ou 6 grandes groupes de distribution", explique le directeur de la FNPL, ce qui fait que les éleveurs sont obligés d'accepter le prix imposé s'ils souhaitent vendre.
Pour mettre fin à cette situation, les producteurs réclament d'abord des négociations nationales, comme cela été le cas jusqu'en mai 2008 lorsque la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) a émis une injonction pour distorsion de concurrence. Une décision qui a fragilisé la filière.
Mais c'est aussi la responsabilité des politiques qui est mis en cause, alors que l'Europe a déjà entamé une libéralisation de la production laitière avec la fin programmée des quotas. En Allemagne aussi la colère monte et un "sommet" sur le lait devrait être bientôt organisé. "Il y a actuellement une production trop forte par rapport à la consommation et il faut donc en Europe garder des outils de maîtrise de la production", a estimé hier Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, invité en chat sur metrofrance.com. "Je pense qu'il faudra reposer en 2010 ou 2012 la question de la suppression des quotas qui avait été décidée en 2003", a-t-il ajouté.
PUBLICITÉ
Mis à jour 18-05-2009 15:00

Une vache au Salon de l'Agriculture en 2008. Photo : F.Santrot/Metro
Les producteurs de lait en colère
Une journée de mobilisation nationale est organisée ce mardi.
La Confédération paysanne manifeste plus tard
La Confédération paysanne appelle à une journée de mobilisation pour protester contre la chute du prix du lait le lundi 25 mai, soit une date différente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL).
La Confédération a choisi une date différente car la FNPL n'a "pas convié la Confédération paysanne à la journée d'action" et en raison de "nuances" dans les revendications, selon Yves Leperlier, responsable de la commission lait de la Confédération.
Sondage
Vous et les sex friends ?

PHOTOS
Chats
Culture
Sport
High-tech
PUBLICITÉ































