Mis à jour 25-06-2009 13:58
Les étudiants voient la ville en vert
Les trois finalistes du prix EpE-Metro ont été récompensés mardi au ministère de l’Ecologie.

La grenouille, mascotte du prix EpE-Metro.
Reconnaissez-vous cette petite grenouille perchée sur la planète verte ? C’est la mascotte du prix étudiant Entreprises pour Environnement*-Metro dont les lauréats ont été recompensés ce mardi au ministère de l’Ecologie. Une cinquantaine de jeunes étudiants de l’enseignement supérieur se sont penchés sur le sujet de cette quatrième édition : “Densité urbaine et qualité de vie : comment mieux faire ? Dans dix ans, vous rêverez d’une maison avec un jardin. Or la lutte contre le réchauffement climatique semble imposer un arrêt à l’étalement urbain. Comment rendre attractive la vie dans des villes plus denses ?”.
Christian de Portzamparc, président du jury
Les trois finalistes ont exposé leurs rapports devant le jury présidé par l’architecte Christian de Portzamparc et constitué de professeurs des universités et de représentants des trois entreprises sponsors. Saint-Gobain a remis le premier prix de 5 000 euros à Denis Voisin, étudiant ingénieur à l’Ecole centrale de Marseille. La RATP a attribué le deuxième prix (3 000 euros) à Solène Marry, en doctorat d’urbanisme à l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble et enfin Coca-Cola a parrainé le troisième lauréat, Béatrice Faivre, en master 1 business management, électif environnement, à l’école supérieure de commerce de La Rochelle.
Des horizons différents
Chantal Crouan, de l’atelier Portzamparc a souligné la complémentarité des trois rapports : “L’idéal serait que vous échangiez vos coordonnées, car l’avenir, c’est vous trois ensemble”, a-t-elle souligné. C’est tout l’intérêt de ce prix qui donne la parole à toutes les filières — littéraires, scientifiques, commerciales, pour ouvrir la réflexion sur l’avenir de l’humanité sur la planète à toutes les sensibilités. Découvrez ci-dessous les idées des lauréats 2009.
* EpE est une association d’une cinquantaine de grandes entreprises qui veulent mieux prendre en compte l’environnement dans leurs décisions.

Denis Voisin.
Photo : Nicolas Richoffer / Metro

Solène Marry.
Photo : Nicolas Richoffer/METRO

Béatrice Faivre.
Photo : Nicolas Richoffer / Metro
Les lauréats :
1er prix - Denis Voisin : “Il faut que le prix du foncier en ville baisse”
Une petite maison, avec jardin, loin du brouhaha de la ville et des “pétages” de plombs de ses voisins. Voici le rêve de près de neuf Français sur dix, selon une étude Sofres de 2007. Mais chaque année, l’équivalent d’un grand département français est urbanisé… comment faire pour arrêter la bétonnage des campagnes, où l’on produit notre nourriture et où devrait s’épanouir la biodiversité ? Pour Denis Voisin, la clé de la question est l’attractivité économique. “Beaucoup de gens souhaiteraient vivre en ville, mais ils sont contraints, par manque de moyens, de s’installer en périphérie”, explique-t-il.
Plus d’espace
Les chiffres 2008 de l’Insee parlent d’eux-mêmes. En ville, un primo-accédant achète une surface moyenne de 27 m2. En zone pavillonnaire périurbaine, on peut se permettre trois fois plus d’espace (90 m2). Du haut de son 1,80 mètre et de ses 24 ans, Denis préconise des taux d’emprunt plus avantageux pour ceux qui achèteraient en ville, sur le modèle d’un système déjà expérimenté aux Etats-Unis. Une autre piste d’action pour réduire le coût est celle d’encourager les coopératives d’habitat. Construire ensemble permet à la fois d’être plus ambitieux sur les objectifs environnementaux du logement car chacun y habitera (à la différence d’un promoteur immobilier) et aussi de mutualiser les coûts.
2e prix - Solène Marry : “Il y a des paradoxes dans la représentation de la densité”
Quel habitat est plus dense ? Un quartier haussmannien ou un grand ensemble d’immeubles en barre ? La réponse est surprenante. Dans le rapport de Solène Marry, on apprend que dans les beaux immeubles des avenues haussmaniennes, habitent 378 personnes par hectare… contre 184 dans le deuxième cas. “Il y a des paradoxes dans la représentation de la densité : la densité perçue n’est pas forcément réelle”, explique cette jeune doctorante en urbanisme.
Le quartier attractif
Alors, pour rendre la ville plus attractive, la solution est de faire en sorte que la densité soit compensée par tout ce que les gens associent à un habitat agréable à vivre. “La centralité et l’animation du quartier, la qualité architecturale, la mixité et la présence du végétal reviennent dans les représentations de l’habitat idéal chez beaucoup de personnes”, estime-t-elle.
La qualité architecturale est l’un des mots clés de la ville de l’avenir imaginée par Solène. “Lorsqu’on parle de ‘maison passive’, on parle toujours d’une maison qui consomme du foncier... on ne parle jamais de bâtiment passif.” En effet les expériences architecturales qui se multiplient dans le monde montrent que l’habitat collectif est à la fois plus écologique en termes de consommation du foncier et énergétique et aussi capable d’offir un confort et une intimité comparables à la maison individuelle. Les déplacements en moins.
3e prix - Béatrice Faivre : “Rendre la ville plus belle”
Son rapport est un parcours onirique et un voyage initiatique. Cette étudiante en management a voulu imaginer une ville qui attire parce qu’elle est belle. Elle voit alors des bulles blanches aux grandes baies vitrées qui parcourent, tels des périphériques, les cieux au- dessus des immeubles. Les voyageurs ne s’engouffrent plus sous terre “comme des rats”, mais admirent les beaux toits végétalisés, réconciliés avec l’urbain par une ville qui leur offre des nouvelles possibilités d’épanouissement dans le vivre en commun.













