La mer est partie. Le soleil brille. L’estran se découvre. Les conditions sont réunies sur la plage de Boyardville (île d’Oléron) pour une bonne partie de pêche à pied. Les amateurs de coques et de couteaux ont sorti leurs seaux. Sous l’œil des mouettes, petits et grands s’adonnent au plaisir de fouiller le sable et la vase à la recherche des trésors des océans.

Pour une pêche durable
Les conditions sont réunies aussi pour que Jean-Baptiste et Bertrand se mettent au travail. Pas de seaux dans leur équipement, mais un bon stock de réglettes et de dépliants pour sensibiliser les utilisateurs de la plage aux bonnes pratiques d’une pêche à pied. “Nous avons constaté que 85% des pêcheurs ignorent la réglementation, explique Jean-Baptiste, coordinateur de l’association Iodde (île d’Oléron développement durable environnement, voir ci-contre). Sur les 328 tonnes pêchées par an sur Marennes-Oléron, la moitié devrait être laissée sur place.”

Une famille avance vers la rive, deux gros seaux à la main. Bertrand, chargé de mission à Iodde, se présente. Constat : la plus grosse partie des coques est en dessous des 2,7 cm règlementaires. Bertrand leur donne une réglette. Ils trient le butin. “Il y a assez de coques pour vingt personnes, leur fait remarquer Jean-Baptiste.

Une bonne pêche ce ne sont pas 3 kg de petites, mais un kilo de belles coques qui respectent la maille.” Un quart seulement des mollusques feront l’affaire. “C’est bien de faire de la sensibilisation : on ne veut pas mal faire, mais on ne se rend pas compte”, lance Christiane, 64 ans, de Seine-et-Marne. “C’est d’autant plus important que nous faisons de la pêche à pied pour retrouver un contact avec la nature et montrer aux enfants que le poisson ne se présente pas que sous forme de bâtonnets !”, ajoute Sylvie, 39 ans.

Plus loin, Yann, 37 ans, du Val-d’Oise, est exemplaire. “Ma femme et mes deux enfants ramassent, je trie”, dit-il. Il a fait un trou de 2,7 cm dans le bouchon en plastique d’une bonbonne d’eau, de façon à vérifier, au fur et à mesure qu’il la remplit de coquillages, qu’ils soient bien de la bonne taille. Infaillible !

“En 2007, lorsque nous avons étudié ce site, 21 tonnes ont été ramassées à l’occasion de 16 000 opérations de pêche. A 95%, les coques étaient parties”, raconte Bertrand. Il a suffi d’une mauvaise saison reproductive et, en 2008, il y avait deux tiers de moins de coques que d’habitude. Pêcher une coque à 2,7 cm, c’est prendre un coquillage qui a eu deux ans de vie et deux saisons de reproduction. Encore mieux, si elle fait 3 cm, elle sera dans sa troisième année. Et d’autant plus charnue !