Santé, migrations, alimentation, eau. L'impact du changement climatique sur l'homme est déjà inquiétant. C'est l'alerte que lance aujourd'hui l'ONG Oxfam International à quelques jours du G8 de l'Aquila en Italie (8-10 jullet), avec la publication d'un rapport sur le coût humain du changement climatique. "Sans actions immédiates en faveur de l'adaptation des pays les plus vulnérables, 50 ans de lutte contre la pauvreté seront réduits à néant ", prévient Romain Benicchio, chargé de programme changement climatique pour Oxfam France.
Une enquête dans près de 100 pays
Basé sur de récentes études scientifiques et sur les enquêtes menées par l'ONG dans près de 100 pays, le rapport estime que le nombre de catastrophes naturelles pourrait tripler d'ici à 2030. On prévoit ainsi 375 millions de victimes d’ici à 2015. En matière de santé, "on estime qu'à partir des années 1970 jusqu’à l’an 2000, les changements climatiques ont contribué à entre 150 et 300 000 décès par an des suites de maladies selon les estimations", explique Romain Benicchio. "Des maladies telles le paludisme et la dengue, qui étaient autrefois localisées dans certaines régions, se propagent aujourd’hui dans de nouvelles zones où les populations, non immunisées, ne possèdent ni connaissance ni infrastructure de santé pour y faire face", souligne l'ONG.
Ces derniers trente ans, ce sont également 26 millions de personnes déplacées pour cause des changements climatiques… et on estime que ce phénomène pourrait concerner 200 millions de réfugiés d'ici à 2050. "A différence des déplacés d'un conflit, les réfugiés climatiques quittent leur territoire et ne peuvent pas revenir, car il est le plus souvent devenu inhospitalier, à cause des sécheresses ou de la montée des eaux", souligne Romain Benicchio.
L'adaptation : une urgence
Les négociations sur la réduction des gaz à effet de serre des pays industrialisés seront abordées pendant le G8 en prévision du sommet de l'ONU à Copenhague en décembre. Trouver un accord est impératif. Mais ce qu'Oxfam appelle à ne pas oublier est ce qu'on appelle l'adaptation. En effet, quoi que nous faisions avec nos émissions, un certain nombre de phénomènes sont déjà en marche notamment dans les pays tropicaux et autres pays de l'hémisphère Sud, plus pauvres et donc plus fragiles face aux changements qu'ils expérimentent.
"Dès maintenant, les pays en développement auront besoin d'au moins 150 milliards de dollars par an pour faire face aux effets du changement climatique et préparer un avenir sobre en carbone", souligne le rapport. Un investissement "modeste" selon l'ONG : "ces 150 milliards de dollars correspondent à la somme déboursée pour renflouer une seule société, AIG, pendant la crise financière fin 2008."
Télécharger le rapport en français sur le site d'Oxfam-France.




































