Jean-Louis Caillet, maire d'Auxon (Aube), se sent un peu dépassé et surtout découragé par la situation, au point d'envoyer au préfet sa lettre de démission le 4 aout dernier. Ce mardi soir, un conseil municipal extraordinaire a rejeté le projet de centre de stockage de déchets radioactifs dont l'étude avait été acceptée le 17 octobre dernier.

Ce projet, pour lequel plus de 3.000 communes s'étaient portées candidates, concerne la construction d'un centre de stockage de déchets radioactifs de faible profondeur. Ces déchets sont qualifiés de "faible activité" car il s'agit de matériaux contaminés au contact de matières radioactives et non radioactifs eux-mêmes, tels que certains appareils médicaux par exemple.

Retenue en priorité par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), Auxon, par le biais de son conseil municipal, a accepté, en octobre dernier, qu'une étude soit menée pour déterminer la faisabilité du projet, étude n'impliquant "aucun engagement de la commune pour la suite du projet, dont la poursuite doit se faire en concertation avec la population", précise le maire.

Dans ces conditions, ce dernier a du mal à comprendre le revirement de ses conseillers. "Quand on est élu et qu'on s'engage sur quelque chose: on va au bout de ses idées", nous a-t-il affirmé. Pour autant, le projet n'est pas complètement enterré. Selon Jean-Louis Caillet: "la décision du 17 octobre n'est pas nécessairement supprimée", étant donné qu'elle ne concerne en aucun cas le projet de stockage en soit, mais seulement l'étude.

De son côté, le préfet n'a pas voulu prendre une décision hâtive et a repoussé à début septembre l'acceptation ou non de la démission du maire. Ce denier a, quant à lui, accepté la démission, la semaine dernière, de trois conseillers qui ont soutenu sa démarche. Aujourd'hui, alors que deux conseillers sont plus nuancés dans leur opposition au projet, M. Caillet regrette sa décision.

Pour les anti-enfouissement locaux, c'est en tous cas une deuxième victoire après que de la commune de Pars-lès-Chavanges (Aube), également retenue par l'Andra, a retiré sa candidature, le 4 juillet dernier.

Le centre d'enfouissement d'une surface d'une centaine d'hectare doit être inauguré en 2019. L'étude de faisabilité devait se terminer fin 2010, début 2011. La construction d'un tel site doit faire travailler entre 150 et 250 personnes pour un coût qui ne devrait pas dépasser 350 millions d'euros. Outre les emplois générés, probablement plus de 200 après l'ouverture du site, et les taxes perçues par la commune, un projet de développement de territoire, doté d'un budget conséquent, probablement de plusieurs dizaines de millions d'euros au bénéfice du département, devait être présenté en septembre par le préfet.

Dès juillet, le député de l'Oise et président du conseil d'administration de l'Andra, François-Michel Gonnot, a fait savoir que le gouvernement allait poursuivre ses démarches pour trouver des communes souhaitant accueillir de tels sites.