HIP-HOP - Un ado timide, un baraqué qui roule des épaules, un élégant aux chaussures cirées, un hirsute en lunettes de ski passent tour à tour devant le micro déclamer quelques paroles. Zoxea les écoute, tout sourire. Ils viennent de participer à un atelier d'écriture dans le cadre du festival Paris Hip-Hop, à la Maison des métallos. "D'écriture... sans papier ni stylo", précise Zoxea, l'un des membres fondateurs des Sages poètes de la rue.
Le défi était grand pour cette quinzaine de jeunes participants : leur prof d'un jour s'est basé sur la technique d'écriture de son dernier album, "Tout dans la tête" (Modulor), sorti le mois dernier. "Je m'ennuyais un peu dans le rap, explique-t-il, il fallait que je lance un défi, et ça a été d'écrire un album sans feuille ni stylo. Jay-Z et Notorious BIG faisaient comme ça..." Artiste résident au CentQuatre, il a ainsi composé mentalement, ouvrant les portes de son atelier tous les dimanches à ceux qui voudraient partager l'expérience : "C'était tout public, il y avait des jeunes comme des personnes âgées, et je leur disais allez-y, exprimez-vous, prenez le micro !"
Talents cachés
Nos ados des Métallos ont relevé le défi. Pendant trois heures, ils se sont laissé porter par les musiciens qui répétaient une mélodie en boucle, se sont concentrés avant de se lancer. Tous ne sont pas à l'aise devant les autres, mais peu à peu les voix prennent de l'assurance. Les textes sont bons, souvent spirituels. "Certains ont un talent en eux, affirme Zoxea, et ils ne le savent même pas... Il y en a qui ont des voix intéressantes, des idées, des styles. En faisant ce type d'atelier, certains se découvrent, se lâchent. Ils connaissent mes valeurs et mon parcours, ils ne se laisseront donc pas aller à des propos racistes ou misogynes. Ça reste du rap à l'image des Sages Po', un rap positif, tonique, suprenant."



























