"Les politiques sont en train d'enfumer l'opinion sur les rythmes scolaires pour ne pas parler des vraies priorités des enseignants parisiens". Quand Jérôme Lambert, secrétaire départemental du syndicat SNUipp-FSU Paris évoque le retour à la semaine de 4,5 jours, contre 4 aujourd'hui, il n'est pas tendre. Et pour protester contre le manque de concertation du gouvernement sur la question de la réforme des rythmes scolaires et mettre en avant les priorités des professeurs, son syndicat SNUipp-FSU, et cinq autres (Snudi-FO, Se Unsa, Sud Education, Cnt-Ste et CGT Educ’Action), appellent les fonctionnaires à descendre dans la rue ce mercredi. Le cortège partira à 10 heures de la Sorbonne dans le 5e arrondissement et rejoindra l'Hôtel de Ville (1er).
"Près de 900 enseignants sur les 7 500 que compte Paris se sont rassemblés en deux semaines en assemblée générale. Nous allons être très nombreux dans la rue" affirme Jérôme Lambert. 

Un retour en arrière ?

La grogne viendrait notamment du manque de concertation de Vincent Peillon, ministre de l'Education, et du gouvernement. "On ne nous a rien demandé, regrette le secrétaire départemental du syndicat SNUipp-FSU Paris. Sinon, ils auraient vu les choses à changer d'urgence".

Selon une enquête du syndicat SNUipp-FSU, à laquelle 24 000 personnels ont répondu, la réforme des rythmes scolaires arriverait en effet en dernière place des priorités. "Les méthodes et contenu d'enseignement, la formation, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les Rased et bien sûr les salaires des enseignants arrivent en tête, indique Jérôme Lambert. Les 4,5 jours viennent bien après. D'autant que la réforme des rythmes scolaires qui nous est proposée n'est ni plus ni moins un retour à l'école de 2008 avant la suppression du samedi matin par Xavier Darcos. Ça n'est pas ça changer l'école."

Dès septembre 2013

Interrogé lundi sur France Inter, Bertrand Delanoë a indiqué lundi, qu'il souhaitait appliquer "dès septembre 2013" le retour à la semaine de 4,5 jours dans le primaire, à condition qu'il ait trouver "les moyens nécessaires" sans augmenter les impôts. "Il faut le faire bien et ça a un coût", a indiqué le maire PS de Paris qui "prendra (sa) décision au début de l'année 2013".

"Je veux y mettre les moyens nécessaires (mais) je ne suis pas sûr de les avoir", a-t-il confié en estimant que la capitale "ne sera peut être pas la mieux dotée" pour bénéficier du fonds spécifique de 250 millions d'euros que l'Etat va débloquer, selon certains critères non encore définis.

Interrogé sur l'appel des syndicats à la manifestation mercredi et à une éventuelle grève en janvier, Bertrand Delanoë a répondu être "pour la concertation, et (que) tous les dialogues nécessaires auront lieu", soulignant: "mais je ne suis pas pour le conservatisme ou l'immobilisme". Selon les syndicats, le maire de Paris n'aurait pas accepté de les recevoir. "Mercredi, nous serons sous ses fenêtres. Il va nous entendre!" assure Jérôme Lambert.