Le drame était imprévisible. C'est en substance ce que conclut l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans son premier rapport d'enquête publié lundi soir. Une femme avait perdu son bébé in utero vendredi dernier après que la maternité de l'hôpital Port-Royal (14e) l'ait renvoyée chez elle alors que son accouchement était programmé la veille. Le père avait porté plainte pour "homicide volontaire par négligence" estimant que l'établissement n'avait pas accueilli sa compagne faute de lit disponible.
L'autorité hospitalière parisienne appelle pourtant à "la compréhension de ce grave événement"."L’examen de l’organisation de la maternité de Port-Royal au cours de cette période permet de dire que les effectifs soignants, médicaux et paramédicaux, étaient au complet et que la disponibilité des lits et des salles permettait de recevoir les urgences", indique l'AP-HP dans un communiqué.
Une deuxième déposée pour "homicide involontaire"
Pour autant une enquête "médicale et administrative exceptionnelle" a été diligentée qui sera dirigée par le professeur Bruno Carbone, président de la collégiale des gynécologues-obstétriciens, dont les résultats sont attendus début mars. "L’objectif est d’apporter des réponses précises aux interrogations sur la prise en charge médicale de la patiente et la situation détaillée en matière de capacités d’hospitalisation en gynécologie-obstétrique et en salles de naissance", explique l'AP-HP.
Parallèlement une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Paris sur cette affaire qui pose notamment le problème de l'engorgement de certaines maternités. Libération a révélé aussi qu'une seconde plainte allait être déposée pour "homicide volontaire " à la suite d'un drame survenu dans des circonstances semblables en 2011 dans cette même maternité.
Les syndicats dénoncent le sous-effectif
Du côté des personnels, le syndicat CGT Cochin-Port-Royal a dénoncé à plusieurs reprises "les économies de personnel médical et paramédical qui conduisent à des sous-effectifs de plus en plus criants" et la "diminution de l'offre de soin consécutive aux plans de restructuration sur l'ensemble de l'hôpital".
La CGT a réclamé de la direction des "réponses précises" et des "éléments objectifs" à l'occasion du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire qui se tenait ce mardi à partir de 9 heures.


























